01.05.2020 /
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L’Afrique subsaharienne face au coronavirus

En Afrique Subsaharienne, certains des pays désormais affectés font partie des endroits où les chrétiens souffrent les pires persécutions au monde.

Tandis que de nombreux pays du monde sont au plus fort de la pandémie du coronavirus ou commencent même à en sortir, les pays de l’Afrique subsaharienne découvrent tout juste l’impact de cette pandémie. Or certains des pays désormais affectés font partie des endroits où les chrétiens souffrent les pires persécutions au monde. Souleymane (pseudonyme), directeur de Portes Ouvertes en Afrique de l’Ouest, explique: «Nous avons reçu des appels de plusieurs pasteurs demandant de l’aide au niveau alimentaire, mais également de certains croyants présents dans des camps de réfugiés, car ils éprouvent aussi des difficultés à se nourrir. Les veuves et les orphelins n’ont plus que de très faibles revenus à cause du confinement. Nous recevons continuellement des demandes pour de la nourriture ou d’autres aides.»

Voici quelques informations sur la façon dont chaque pays est affecté et combat le virus :

Somalie (N°3 de l’Index Mondial de Persécution)

Le groupe terroriste Al-Shabaab, lié à Al-Qaïda, a averti les musulmans de se méfier des maladies infectieuses telles que le coronavirus. Selon ses dires, le virus serait propagé «par les forces croisées (les chrétiens) qui ont envahi le pays et les pays mécréants qui les soutiennent». Une telle communication est vraiment terrifiante pour les chrétiens somaliens, qui sont obligés de pratiquer leur foi dans un secret absolu.

Érythrée (N°6 de l’Index Mondial de Persécution)

Les Érythréens sont en confinement depuis plus de 3 semaines. Un inspecteur des Nations Unies pour les Droits de l’Homme en Érythrée a récemment pressé le gouvernement de relâcher immédiatement les prisonniers politiques, les détenus de droit commun ainsi que d’autres (les malades ou les plus âgés, particulièrement vulnérables) à cause du risque très élevé de propagation du coronavirus dans les prisons surpeuplées du pays. De nombreux prisonniers politiques (dont des chrétiens) font partie de ce groupe concerné par cette demande de libération.

Soudan (N°7 de l’Index Mondial de Persécution)

En mars, le Soudan a fermé tous ses aéroports, ports et postes frontières. Seules les livraisons humanitaires, commerciales et d’aide technique sont dispensées de ces restrictions. La Chine a offert 50 ventilateurs et 400’000 masques de protection. Cependant, l’augmentation du prix de la nourriture provoque la misère et la faim guette.

Nigéria (N°12 de l’Index Mondial de Persécution)

Le Nigéria a réussi à contenir l’épidémie d’Ebola en 2014 très rapidement; donc le pays est préparé, grâce à un plan de sécurité sanitaire, à faire face à cette pandémie. Cependant, les distributions de nourriture pour les nécessiteux se sont ralenties à cause des restrictions liées au Covid-19. De plus, les chrétiens subissent des attaques de plus en plus nombreuses dans la région du Plateau et du sud de Kaduna. Ces attaques visent les croyants alors qu’ils sont confinés chez eux. Au Nord du pays, dans la province soumise à la charia de Kaduna, les chrétiens recevraient des rations six fois plus petites que celles des familles musulmanes.

République centrafricaine (N°25 de l’Index Mondial de Persécution)

La Centrafrique a suspendu tous les vols, ce qui va impacter la distribution d’aide d’urgence: 70% des services de santé sont approvisionnés par ces aides. Les groupes armés ont été invités à mieux appliquer le cessez-le-feu afin d’endiguer la contagion. Cependant, l’insécurité persiste.

Burkina Faso (N°28 de l’Index Mondial de Persécution)

La crise du coronavirus menace de submerger le système de santé et les efforts pour y répondre ne seront que plus grands. Environ 800’000 personnes sont déplacées, du fait des attaques quasi-quotidiennes des djihadistes, ce qui a également provoqué la fermeture de 135 centres de santé. Les frontières sont fermées et les déplacements sont restreints depuis et vers les villes où des cas ont été confirmés. Les organisations humanitaires craignent que ces restrictions les empêchent d’avoir accès aux personnes en difficulté dans les zones affectées par les violences. Le peu de tests disponibles risque de compliquer les choses. «Les mesures d’isolement social sont inapplicables dans des endroits où les gens vivent à 5 ou 10 dans une même pièce, ou tous ensemble dans de minuscules tentes de fortune», explique Gustave Yamoussou, le responsable des urgences d’Oxfam au Burkina Faso. «Quand le virus touche des endroits où se trouvent beaucoup de personnes déplacées, il va se répandre encore plus rapidement et peut avoir un impact désastreux.»

Mali (N°29 de l’Index Mondial de Persécution)

Les vols commerciaux en provenance de pays touchés par le virus ont été suspendus jusqu’à nouvel ordre, exception faite pour les vols de cargos. Les écoles ont été fermées et les rassemblements publics limités. Le Mali fait actuellement face à une situation humanitaire des plus critiques. Plus de la moitié des personnes dépendantes de l’aide humanitaire pour leurs premières nécessités sont des femmes. Plus de 200’000 personnes sont déplacées à cause de l’insécurité et du conflit inter-ethnique.

Éthiopie (N°39 de l’Index Mondial de Persécution)

En mars, Ethiopian Airlines, la plus grande compagnie aérienne du continent africain, a suspendu ses vols vers 30 pays et a annoncé que les passagers arrivant en Éthiopie seront d’office mis en quarantaine. L’Éthiopie a aussi annoncé qu’elle fermerait toutes ses frontières terrestres dans un effort pour enrayer l’avancée du coronavirus. Les écoles ont été fermées et les services religieux ont pratiquement tous été annulés. Les chrétiens sont affectés économiquement par les mesures de distanciation sociale. Yohannes (pseudonyme) est âgé de 22 ans. Il est devenu chrétien récemment et a trouvé refuge chez des chrétiens après que sa communauté l’ait exclu à cause de sa foi en Christ. Soumis aux restrictions imposées par le gouvernement dans cette crise du Covid-19, Yohannes éprouve des difficultés pour trouver de la nourriture, puisque sa famille ne veut pas l’aider.

Kenya (N°44 de l’Index Mondial de Persécution)

Le gouvernement du Kenya a suspendu tout voyage depuis les pays infectés par le Covid-19 et les voyageurs ont été mis en quarantaine à leur arrivée. L’éventualité d’une possible propagation du virus vers des camps de réfugiés serait catastrophique ; d’innombrables personnes pourraient alors être infectées dans ces endroits surpeuplés et dépourvus d’accès à l’eau et aux services de santé. Selon l’UNHCR (le Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés) la planification des distributions de nourriture a été repensée pour fournir des rations tous les deux mois, pour éviter les distributions mensuelles, afin de réduire les contacts entre personnes.

Cameroun (N°48 de l’Index Mondial de Persécution)

En mars, le gouvernement du Cameroun a fermé toutes les frontières du pays, qu’elles soient terrestres, aériennes ou maritimes, pour une durée indéterminée. Tous les vols internationaux sont également stoppés hormis les vols de cargos. Plus de 100’000 réfugiés nigérians ayant fui Boko Haram vivent dans le camp de réfugiés de Minawao ou dans sa région, mais aucune mesure supplémentaire n’a été prise dans ce contexte de pandémie. Dans le Nord, la menace du groupe terroriste Boko Haram force les gens à fuir dans les montagnes ou dans des camps, où il est très difficile de se protéger du coronavirus.

Niger (N°50 de l’Index Mondial de Persécution des Chrétiens)

Les frontières du Niger ont été fermées et de grands risques de violence subsistent dans les régions isolées.