01.10.2021 /
Turquie
Colombie
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Journée de Portes Ouvertes: Témoins d’une foi éprouvée

Samedi dernier, vous étiez environ 300 à répondre à notre invitation, en participant à la journée de Portes Ouvertes: merci de votre présence et de votre soutien! Vous n’avez pas pu venir? Voici quelques points forts vécus ensemble et des vidéos à regarder depuis chez vous.

Andrew Brunson: Rester dans une obéissance fidèle

«En prison, j’ai appris à ne pas laisser ma peur influencer mes actes, parce que la peur est un sentiment que j’ai éprouvé continuellement», a expliqué Andrew Brunson, retraçant la manière dont Dieu a transformé sa foi, en prison. «J’ai passé deux ans enfermé 24h/24, la plupart du temps en isolement, dans une totale incertitude par rapport à ma possible libération. Sans avoir ressenti une seule fois la présence de Dieu à mes côtés.» Mais au fil des mois, sa perspective change. Alors qu’au départ, il est prêt à tout, jusqu’à renoncer à être pasteur, pour retourner auprès des siens, il se surprend, dès le début de sa seconde année d’incarcération, à ressentir qu’il est prêt à tout, cette fois pour obéir à Dieu, afin de n’avoir aucun regret. «Il y avait trop d’enjeux, je ne voulais pas être celui qui aurait fui en raison de sa peur.»  

Libéré fin 2018 suite aux pressions des sanctions américaines contre le gouvernement turc, Andrew Brunson poursuit son ministère auprès de chrétiens d’arrière-plan musulmans, dans d’autres pays qui lui restent ouverts. Lors de la journée de samedi, il a encouragé le public à rester fermement attachés à Dieu quelles que soient les circonstances de leur vie, afin que Dieu trouve en eux des amis fidèles, à qui il puisse partager son cœur.

L’arme qui a désarmé les guérilleros colombiens

Au programme de la journée, les pasteurs colombiens Estella et Enrique, actifs depuis plus de vingt ans auprès des populations les plus pauvres du pays, ont pointé du doigt le contexte difficile auquel fait face l’Église des zones rurales et montagnardes.

Ecartelés entre les menaces des forces paramilitaires et de la guérilla, 50 pasteurs incorruptibles y sont assassinés chaque année, ainsi que 60 à 90 enfants. Le couple est tout à fait conscient des risques, mais reste fixé sur ses objectifs: donner d’autres perspectives d’avenir à la jeunesse rurale que l’armée, prendre soin des nombreux orphelins, et en particulier des familles chrétiennes dont des membres ont été tués par les milices.

Entre 2002 et 2006, Enrique avait pris une part active dans les négociations ayant abouti au désarmement des forces paramilitaires et l'échange de 26'000 armes contre autant de bibles, avec des soldats. «J’étais présent lors de cet échange, qui a matérialisé devant mes yeux le fait que l’amour de Dieu, par sa Parole, est l’arme qui a désarmé ceux qui nous menaçaient de mort.»

Mieux comprendre pour chasser la honte

Entre ces deux conférenciers, Hélène Fisher, spécialiste de la recherche sur la persécution différenciée homme/femme, a décrit, au moyen de témoignages de femmes persécutées qu’elle a rencontrées, les mécanismes qui les enferment souvent dans la prison invisible de la honte et du rejet de leur communauté, suite à leur agression.

En effet, lorsqu’une femme chrétienne est par exemple mariée de force à un musulman, au Nigeria, et qu’elle parvient à s’échapper, sa famille se trouve devant un dilemme: doit-elle la rejeter, et suivre ainsi les coutumes locales, ou la réintégrer en son sein, quitte à semer le doute et la division au sein de leur Église?

«La formation des communautés prodiguée par les équipes de Portes Ouvertes, qui leur permet de dénoncer des mécanismes culturels qui ajoutent des traumatismes aux persécutions déjà endurées, apporte une grande libération aux victimes», relayait Hélène Fisher samedi dernier.