05.03.2020 / news

Journée de la femme: La violence sexuelle est la première arme de persécution utilisée à l’encontre des femmes chrétiennes

La violence sexuelle et le mariage forcé constituent, globalement, les deux types de persécutions dont les femmes et les filles chrétiennes sont le plus fréquemment victimes. C’est ce que révèle une étude menée par l’ONG Portes Ouvertes.

Romanel-s/lsne, le 5 mars 2020 - 84 % des experts interrogés lors de l’enquête ont répondu que la violence sexuelle et le mariage forcé constituent les deux types de persécution dont les femmes sont le plus souvent victimes. L’enquête a été menée l’an dernier dans les 50 pays où vivre en tant que chrétien est le plus difficile, selon l’Index Mondial de Persécution 2020, publié chaque année à la mi-janvier par Portes Ouvertes.

Portes Ouvertes, une ONG internationale qui œuvre au soutien des chrétiens persécutés à travers le monde, via de l’aide humanitaire et de l’encouragement spirituel, a publié son rapport annuel sur la Persécution Religieuse selon le Genre (GSPR) le 24 février 2020. Ce rapport analyse en détail comment la persécution s’exprime différemment selon que l’on soit un homme ou une femme.

Contraindre pour contrôler ou punir

Dans toutes les parties du monde, la violence sexuelle représente malheureusement encore le moyen le plus répandu d’exercer un contrôle ou une domination sur des chrétiennes, quel que soit leur âge, ou de les punir pour leur foi. Bien qu’il arrive qu’une femme ou une fille se voit soumise à une union non désirée, parfois même avec son propre agresseur, très souvent, cette violence a lieu hors du cadre marital. Ceci déshonore à dessein la chrétienne en question, et par voie de conséquence, sa propre famille et communauté.

Bien que le mariage contraint offre une certaine vitrine de respectabilité, il peut facilement évoluer vers un « simple » contrat de brutalité intime auquel la femme ne peut échapper, et au cours duquel d’autres formes de violences et de pressions sont exercées.

Mort intérieure

Dans les 11 pays arrivant en tête de l’Index Mondial de Persécution 2020, les femmes et les filles font face à ce genre de persécution – jusqu’à un point inégalé – qu’elles vivent littéralement comme une « mort intérieure » (violence sexuelle, mariage forcé, assignation à résidence), surtout si ce sont des converties de l’islam, du bouddhisme ou d’autres religions. Car si ces jeunes femmes sont physiquement vivantes, elles sont de fait dissimulées et isolées, ce qui fait que leur souffrance n’est que très rarement signalée. Elles sont également considérées comme déshonorées aux yeux de leur communauté chrétienne, sans perspectives d’avenir au sein de l’Église.

Des violences qui provoquent la honte et l’exclusion

Deux autres types de persécutions sont également très fréquemment citées par toutes les personnes questionnées : la violence physique et le divorce forcé (64 % au sein de la liste des 50 pays). 

Helene Fisher, experte des questions de persécution selon le genre pour Portes Ouvertes, précise : « le rapport de cette année met en lumière les retombées sur toute une vie de la persécution que subissent femmes et filles en raison de leur foi. Lorsque ces personnes sont agressées sexuellement, elles endurent un abus physique et mental indicible, tout en étant aussi, parfois, enfermées dans des « mariages » non désirés. Et quand bien même réussiraient-elles à échapper aux terreurs de leur sort, c’est ensuite un stigmate dévastateur qui les attend, un rejet, une honte qui les poursuivra jusqu’à la fin de leur vie. Cet opprobre n’a pour autre but que de laisser ces femmes en vie, mais sans plus aucune perspective d’avenir. Car malheureusement, même au sein des communautés chrétiennes, l’exclusion se pratique couramment pour des raisons de « déshonneur », mais surtout à cause d’un cruel manque de connaissance biblique. Il n'y a alors plus aucune perspective d'avenir pour elles et cette sentence devient très concrète, puisqu'il leur sera très difficile d'intégrer la moindre famille ou le moindre groupe parmi leur communauté religieuse ».

Les spécificités de la persécution sur les hommes

Bien que la persécution s’exprime différemment selon le genre, les hommes persécutés subissent aussi de la violence. La violence physique est même le facteur le plus fréquemment cité par les personnes interrogées (82% de la liste des 50 pays les plus touchés par la persécution ciblant des chrétiens) ; dépassant de loin le harcèlement économique (via l’emploi) et l’incarcération d’État (conjointement en seconde position parmi les méthodes les plus mentionnées, chacun à 66 % pour la liste des 50 pays).