20.11.2019 /
Iran
/ news

IRAN: Une famille est la cible d'un harcèlement continuel

Toute une famille aux prises avec la justice. Son crime? Prêcher le message de l'Évangile à qui veut l'entendre. Or en Iran, c'est interdit...

En Iran, l'audience en appel qui devait avoir lieu la semaine dernière pour 5 chrétiens a été reportée. La fille du pasteur Victor, Dabrina Bet-Tamraz, s'est récemment exprimée sur l'archarnement judiciaire contre sa famille.

Une torture mentale pour ses parents

«Mon père a 65 ans, ma mère 64 ans. Ils ne sont plus si jeunes. C'est absolument angoissant et c'est aussi une torture pour eux. Ma mère a souffert de problèmes cardiaques, de problèmes nerveux. Chaque fois qu'ils ont une nouvelle audience, il y a tellement de nervosité et d'attente... puis rien ne se passe, on attend la prochaine audience. Cela fait des années maintenant qu'ils n'ont pas traité leurs cas. C'est très dur pour eux. C'est comme une torture mentale pour mes parents.» 

Victor Bet-Tamraz a été condamné en 2017 pour «évangélisation» et «activités illégales dans les églises de maison». L'année suivante, son épouse, Shamiram, et son fils Ramiel ont également été condamnés à des peines d'emprisonnement de cinq ans et six mois, respectivement.

Harcelée par le gouvernement dès sa jeunesse

Dabrina continue: «Aussi loin que je me souvienne, ma famille a été la cible de harcèlement continuel. Aujourd'hui, des membres de ma famille, mes amis proches et mes parents sont persécutés et soumis à de sévères restrictions en raison de leur foi.

J'ai été suivie par le gouvernement, surveillée. Mes photos ont été confisquées. J'ai été harcelée, menacée... Alors que j'étais à l'université, j'ai été convoquée et interrogée plusieurs fois dans divers endroits, dans des bureaux non officiels. J'ai été détenue pour la dernière fois dans le centre de détention pour hommes sans qu'aucun agent féminin ne soit présent.

J'ai subi des pressions pour coopérer avec le gouvernement, en fournissant des informations, des détails sur les activités de notre église, nos dirigeants. On m'a forcée à signer des papiers contre ma propre famille.»

Son père, son frère, sa mère, ses oncles... ont été condamnés

«Mon père a passé 65 jours en isolement dans différentes cellules et a finalement été transféré dans une "suite", comme ils l'appellent, où il y a 10 à 20 prisonniers dans une pièce, dans des conditions très malsaines.

En plus de mon père, mon frère a été en prison pendant deux mois. Ma mère a été arrêtée et interrogée. Mon oncle et beaucoup d'autres de mes amis et parents ont été emprisonnés, condamnés et faussement accusés.

Mon père a toujours été interrogé et limité dans ses actions. Depuis 2009, ils ont fermé notre église à Téhéran, et d'autres églises ont suivi jusqu'en 2014, quand toutes les églises évangéliques proposant des services religieux en langue farsi ont fermé. Et aujourd'hui, il n'est absolument pas autorisé à organiser une réunion d'église. Il n'était même pas autorisé à célébrer le mariage de mon frère - le mariage de son propre fils.»

Lire l'interview complète de Dabrina sur Article18

L'attente se poursuit

Le procès qui vient d'être reporté concerne:

Le pasteur assyrien Victor Bet-Tamraz et son épouse ainsi que 3 chrétiens d'arrière-plan musulman, Amin Nader Ashfari, Kavian Fallah Mohammadi et Hadi Asgari.