19.06.2018 /
Indonésie
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Indonésie: des familles entières utilisées pour attaquer les minorités

Utiliser des femmes et des enfants pour commettre des attentats-suicides contre les minorités religieuses. C'est le nouveau procédé employé par les extrémistes islamiques en Indonésie. 

Des familles entières sont maintenant utilisées par les groupes radicaux pour perpétrer des attentats-suicides en Indonésie. Jusqu’à présent dans cette région, les enfants n’avaient jamais été utilisés dans les attaques-suicides.

Selon la police indonésienne, 6 membres d'une même famille sont à l’origine des attentats du 13 mai 2018 ayant visé trois églises à Surabaya. Les auteurs : deux filles de 9 et 12 ans, deux adolescents et leurs parents Dita Oepriarto, 47 ans, et son épouse, Puji Kuswati, 43 ans. Ce triple attentat avait fait 14 morts et des dizaines de bléssés.

Un autre attentat-suicide avait eu lieu le lendemain. Il s’agissait cette fois d’une famille de cinq personnes. Leur cible était le quartier général de la police.

D'autres attaques ont eu lieu au début du ramadan, une période de sensible où les extrémistes islamiques sont souvent plus actifs. 

Toutes les couches de la société indonésiennes sont touchées

La vague de fond islamique qui touche toute la société indonésienne défie l'autorité et le fonctionnement de l’État. En mai 2017, l'ancien gouverneur de Jakarta, Ahok, un chrétien, a été condamné à deux ans de prison pour «crime de blasphème contre l’islam» et écroué. 

Les prisons sont un facteur important de diffusion de cette idéologie. D'ailleurs, Dita Oepriarto, père de famille et l'un des auteurs de l'attentat contre les 3 églises à Surabaya, était également à la tête d'une branche locale de Jemaah Ansharut Daulah, un des plus importants groupes militants islamistes d'Indonésie. Il rendait régulièrement visite en prison à Aman Abdurrahman, le chef de ce même mouvement, soupçonné d'être à l'origine des attentats. 

L'idéologie extrémiste impacte aussi le milieu éducatif.

«Environ 39% des étudiants ont été exposés à l’idéologie radicale islamique», selon un chercheur de Portes Ouvertes. «24% des étudiants et 23,3% des élèves du secondaire sont d'accord avec le concept de djihad islamique violent».

L’Indonésie est 38ème dans l’Index Mondial de Persécution. Les attaques contre les minorités religieuses sont de plus en plus fréquentes car ce sont des cibles faciles et moins protégées que les forces de police.