14.08.2020 /
Ethiopie
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Ethiopie: Persécution accrue durant la crise du Covid

Depuis 20 ans, le pasteur Adane* dirige une église en croissance dans l’Est de l’Ethiopie, une région à majorité musulmane, proche de la Somalie. La plupart des membres de la communauté sont d’anciens musulmans, d’où de fréquentes tensions avec l’environnement islamique.

Au début de l’année, en rentrant chez lui, le pasteur Adane est passé devant une mosquée. Il raconte: «Trois hommes m’ont abordé et m’ont demandé: ‹Pourquoi faites-vous cela à notre religion et à notre peuple?›» Le pasteur avait déjà reçu des menaces par téléphone avec les mêmes questions. «J’ai répondu que je n’avais fait de mal à personne.» Mais les hommes l’ont poussé à terre. «L’un d’eux a crié: ‹Donnez-lui des coups de pied!› Les coups visaient souvent ma tête, ils ont aussi atteint l’oreille et m’ont grièvement blessé.»

Le lendemain, le fils d’Adane, qui a six ans, a été forcé par des garçons de son école à avaler un capuchon de stylo. Adane poursuit: «Dès que je suis arrivé, les garçons ont pris la fuite. C’étaient les fils [de ceux qui m’avaient agressé].» Le père et le fils sont allés ensemble à l’hôpital. Grâce à des médicaments, l’enfant a pu vomir l’objet, mais Adane avait subi à une oreille des dommages irréparables. Il lui fallait désormais une aide auditive, que ni lui ni sa communauté ne pouvaient payer. Portes Ouvertes a pu fournir l’argent nécessaire pour le traitement et pour l’aide auditive, mais Adane sait que de nouvelles agressions sont à craindre.

La pandémie de Covid-19 est venue apporter à la communauté du pasteur Adane un surcroît de problèmes. Les églises étant fermées par décision de l’État, plus personne ne peut assister aux célébrations. Or la collecte du dimanche était la colonne vertébrale des finances de la communauté. Beaucoup d’anciens musulmans sont sans travail et sans ressources à la suite de leur conversion, et les employés de la communauté sont également financés par les dons. «Nous ne pouvons plus payer nos pasteurs et nos évangélistes», dit Adane.

Quand l’État a commencé à distribuer de l’aide aux personnes en difficulté, les chrétiens en ont été délibérément exclus par les autorités locales: «Surtout s’ils étaient d’anciens musulmans. Il n’y a eu aucune aide pour les membres des églises protestantes. Que ce soit à la campagne ou en ville, nous avons interrogé nos membres, mais ils n’ont rien reçu.» Pour ne rien arranger, certains musulmans ont fait pression sur le propriétaire du logement du pasteur Adane, qui a fini par devoir déménager dans une autre ville.

Malgré le sentiment d’être dépassé par les difficultés, Adane a décidé de rester fidèle à Dieu. «En septembre dernier, Dieu m’avait fait deux promesses. D’abord, Apocalypse 3:8, où il est dit: ‹J’ai mis devant toi une porte ouverte que personne ne peut fermer›; puis le Psaume 91:1: ‹Celui qui demeure sous l’abri du Très-Haut repose à l’ombre du Tout Puissant.› Le pasteur dit: «Les paroles de Dieu sont dans mon cœur. Quand je traverse toutes ces épreuves, ces versets m’encouragent. Dans n’importe quelle situation, Dieu a une solution et il me protège!»

En collaboration avec ses partenaires locaux, Portes Ouvertes soutient les chrétiens dans les régions d’Afrique où ils sont exclus de l’aide publique Covid.

*Nom d’emprunt