03.12.2020 /
Colombie
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Un endroit sûr pour Timóteo

Timóteo, 11 ans, rentrait de l’école lorsqu’un homme armé en uniforme militaire l’a interpellé. Cette rencontre a créé en lui des sentiments mitigés : la peur et l’envie. La peur des armes et du trafic de drogue. L’envie, car ce monde semblait lui promettre de l’argent et de nouvelles opportunités. La vie de Timóteo était à la croisée des chemins.

Timóteo a grandi dans une tribu animiste de Colombie qui adore les esprits de la forêt et de la terre et pratiquant des rites ancestraux. Lorsque la famille de Timóteo s’est convertie au christianisme, les gens du village se sont sentis trahis et ont craint que les esprits ne soient irrités contre eux.

Le grand-père de Timóteo a été le premier de la famille à devenir chrétien. Les anciens de la tribu l’ont empoisonné. Mais la famille est restée forte dans sa foi et n’a jamais renié Jésus. Le père de Timóteo est même devenu pasteur.
En plus de la persécution par leur tribu, les chrétiens ont aussi dû compter avec la guérilla. Il devenait dangereux de jouer dans la rue. Quand les guérilleros veulent recruter un enfant, ils utilisent tout ce qui leur semble bon pour lui faire une offre attirante: de l’argent, de la nourriture ou un logement. Parfois aussi, des enfants sont enlevés de force.

Le père de Timóteo avait particulièrement à cœur les enfants de la tribu. Son espoir était que les enfants connaissent Dieu et n’acceptent pas les propositions des guérilleros. Ceux-ci ont alors menacé de le tuer, mais il ne s’est pas laissé dissuader.

Placé devant le choix

Timóteo avait essayé d’éviter les guérilleros autant que possible, mais ce jour-là, alors qu’il rentrait de l’école, l’un d’eux lui a fait miroiter une vie meilleure.

Il lui a proposé de l’argent – de quoi acheter tout ce que sa famille, rejetée, ne pouvait pas se permettre. Et il lui offrait du pouvoir et une appartenance. Il ne serait plus seulement un paria de la tribu : il serait un combattant, et sa tribu devrait l’écouter ou en subirait les conséquences...

Timóteo a pensé à tout cela – et il a dit non. Au fond de lui, il se souvenait que Jésus valait plus que les richesses ou la puissance terrestres. Mais cette perspective d’une vie meilleure n’a pas quitté son esprit.

À l’abri de la guérilla

Quand le père de Timóteo s’est rendu compte que son fils avait été abordé par la guérilla, il a craint que tôt ou tard il ne cède à la tentation ou ne soit enlevé par la force. Le risque était d’autant plus grand du fait de son opposition publique à la guérilla : son fils aurait fait un beau trophée.

Le père s’est souvenu du centre pour ­enfants de chrétiens persécutés que Portes Ouvertes tient en Colombie. Il a aussitôt envoyé une demande et Timóteo a été accepté.

Il a fallu quelque temps avant que le ­garçon ne se sente chez lui au centre. Bien qu’il soit à l’abri de la guérilla, il y pensait encore. Une fois, il s’est dessiné des armes à la main, en compagnie de guérilleros – enfin riche et puissant !

Mais avec le temps, ses pensées ont changé. Dans le centre de refuge, il a appris bien plus que la biologie et les mathématiques. Il a bénéficié d’une aide psychologique qui lui a permis de comprendre les traces que la persécution de sa famille avait laissées.
« Ce que je préfère ici, ce sont les principes, qui nous aident en tant que chrétiens. Je prie chaque matin et je lis la Bible. Maintenant, je connais mieux Jésus. Je vis pour lui. »


Das Zufluchtszentrum in Kolumbien

Transmettre l’Évangile

Dans les années qui ont suivi l’arrivée de Timóteo au centre, ses parents ont continué à risquer leur vie pour propager la bonne nouvelle de Jésus.

Timóteo a maintenant terminé sa scola­rité au centre et va commencer des études d’ingénieur industriel. Après son diplôme, il compte retourner dans sa communauté pour y venir en aide aux nombreux garçons et filles qui continuent d’être confrontés aux mêmes problèmes qu’il a connus.

Il veut marcher dans les pas de ses parents. « Je veux être évangéliste et parler de Dieu puisque Jésus lui-même l’a fait. S’il a fait cela, je dois le faire aussi. »


Le centre de refuge s’occupe ­actuellement de 61 enfants de ­chrétiens persécutés. Il offre une éducation holistique et assure une stabilité spirituelle et émotionnelle. En plus des disciplines académiques, l’accent est mis sur les compétences professionnelles. L’établissement accueille également 13 enfants externes afin d’atteindre le nombre requis pour l’accréditation. Ces enfants paient eux-mêmes leur scolarité et leurs repas. Les enfants sont pris en charge par 12 employés et 9 enseignants, ainsi que 7 personnes à temps partiel, dont des psychologues.