14.02.2018 /
Chine
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Chine: Une nouvelle ordonnance met les chrétiens sous pression

En Chine, une nouvelle ordonnance religieuse est entrée en vigueur le 1er février. Elle octroie au gouvernement de nouvelles possibilités de contrôle des activités religieuses. Son objectif officiel est «de protéger la liberté religieuse des citoyens.» Cependant, certains dirigeants chrétiens chinois considèrent cette ordonnance comme une menace et une atteinte inacceptable à leur liberté.

L'ordonnance fixe des exigences détaillées pour l'enregistrement des organisations religieuses et l'utilisation d'un bâtiment à des fins religieuses. Dans le même temps, les autorités locales sont désormais seules habilitées à statuer sur les demandes.

Le gouvernement se donne ainsi de nombreux nouveaux instruments de contrôle des activités ecclésiastiques. Les enseignants religieux ou les employés des institutions religieuses sont tenus de renseigner les autorités.

Le pasteur Wang Yi, de Chengdu, dans la province du Sichuan, a publiquement critiqué ce nouveau règlement: «Le gouvernement n'est pas habilité à imposer des règles aux groupes religieux, par exemple en ce qui concerne l'heure à laquelle ils doivent se réunir, la durée de leurs rencontres et encore moins le contenu des réunions.» La Constitution chinoise ne subordonne pas les activités et assemblées religieuses au consentement du gouvernement. De plus, «selon la logique et l'esprit de la primauté du droit», le gouvernement ne devrait pas pouvoir interdire à ses citoyens de participer à une rencontre religieuse.

Toutefois, selon certains observateurs, cette ordonnance vise avant tout à limiter la croissance et l'influence de l'extrémisme islamique dans la société chinoise.

Pressions publiques contre-productives
Le règlement couvre également les activités religieuses sur Internet. En vertu de l'article 47, tout engagement dans le domaine des services d'information religieuse en ligne est soumis à l'examen et à l'autorisation des autorités.

Toutefois, selon un informateur local de Portes Ouvertes, «il n'est pas utile de confronter ouvertement le gouvernement chinois, ni de manifester pour revendiquer des droits. Il est préférable de mener des négociations directes avec les autorités locales, afin de trouver une solution sur le terrain au cas par cas.» Un conflit au niveau national, voire même international relayé par des médias étrangers ne ferait que renforcer les pressions du gouvernement chinois.

La Chine figure au 43ème rang de l'Index mondial de persécution publié en janvier 2018 par Portes Ouvertes, qui classe les 50 pays où les chrétiens sont le plus persécutés pour leur foi.