29.01.2021 /
Chine
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Chine: La Bible dérange profondément le gouvernement

En Chine, l’accès à la Bible est de plus en plus contrôlé. Les bibles audio sont les nouvelles cibles du régime. Ceux qui les vendent risquent plusieurs années d’emprisonnement. 

L’Écriture fait-elle peur au gouvernement chinois? En 2018, il a interdit la vente de bibles en ligne: depuis lors, seules les Églises agréées par l’État sont autorisées à en vendre dans leurs librairies. Mais plusieurs hommes d’affaires chrétiens se sont lancés dans la vente de lecteurs de Bible audio, disponibles sur internet. 

Parmi eux, Lai Jingqiang, dont l’activité a prospéré, atteignant la vente de dizaines de milliers de ces appareils très populaires dans les Églises de maison. Au point de s’attirer les foudres des autorités: le 7 décembre dernier, Lai Jinqiang a comparu devant un tribunal à Shenzhen, près de Hong Kong. Il est accusé d'avoir proposé un accès à la Bible en dehors du circuit de distribution ecclésial contrôlé par l’État.

De 18 mois à 5 ans de prison

Une de nos sources révèle le vrai visage de cette persécution: «Son procès s'inscrit dans le cadre d'un mouvement plus vaste de répression des Églises chrétiennes.»

Deux jours après le procès de Lai, qui est toujours en cours, quatre autres chrétiens ont comparu devant le même tribunal. Ils travaillaient pour une autre entreprise vendant des lecteurs de Bible audio. Le procureur a requis une peine de 5 ans de prison pour le propriétaire de l'entreprise, Fu Xuanjuan, et des peines allant de 18 mois à 3 ans pour ses trois collègues, accusés d’«opérations commerciales illégales». Une expression qui sonne en réalité comme de la persécution déguisée, dans un contexte qui se durcit.

Approuvé par l’État… ou «illégal»!

Effectivement, la marge de manœuvre des chrétiens chinois est de plus en plus restreinte. Cela se reflète dans les résultats de l’Index mondial de persécution 2021, dans lequel la Chine s’est hissée au 17e rang (alors qu’elle occupait le 27e rang encore deux ans auparavant). 

C’est qu’entre-temps, les nouvelles lois sur la religion de 2018 et 2020 sont entrées en vigueur dans le pays, touchant aussi bien les Églises non enregistrées que celles reconnues par le gouvernement. L’État doit désormais être d’accord avec les pasteurs qui sont nommés dans les Églises et avec leur programme. Ce qui se trame, et c’est inquiétant, c'est la volonté du gouvernement de peser et de modifier la teneur du message chrétien. Pour les chrétiens chinois, ce type de répression est plus dangereux que la persécution physique.

En résumé, dans la Chine actuelle, tout événement ou activité religieux qui n'est pas approuvé par l'État est considéré comme illégal. C’est pourquoi, depuis 2018, des milliers d’églises ont été fermées et un nombre croissant de chrétiens emprisonnés voire «rééduqués».