20.11.2020 /
Cameroun
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Cameroun: Écoles fermées suite à des violences

Les troubles se poursuivent et s’intensifient au nord du Cameroun. Les villages chrétiens restent les cibles privilégiées des terroristes.

Depuis le Nigeria, le groupe islamique Boko Haram a intensifié ses attaques. Ses combattants sèment la mort et la destruction dans les villages frontaliers au nord du Cameroun. «Depuis le début de cette année, il y a au minimum trois attaques par semaine», confirment des sources militaires. Plus de 60 écoles ont été fermées dans la zone frontalière avec l'État de Borno au Nigeria, où le groupe Boko Haram est le plus actif. «Les enseignants ont fui et au moins 34’000 élèves ont été déplacés à l'intérieur du pays, forcés de fuir leurs villages», déclare le responsable régional de l'éducation. Yonas, un partenaire de Portes Ouvertes, ajoute: «La fermeture des écoles dans la Région du Nord montre à quel point le pays est dépassé par le double défi de la pandémie et du militantisme islamique.»

C’est ce que Jeannette a vécu lorsque son village, Makhoulahe, a été attaqué par 300 membres de Boko Haram. Elle raconte: «On m'a tiré dessus et je crois que j'ai évité trois balles. Je pensais me tenir à l’abri quand un des agresseurs m'a attrapée par derrière et m'a poignardée dans le cou. J'ai réussi à me libérer et à m'enfuir. Je suis arrivée en sang chez mon oncle.» Une équipe de nos partenaires locaux s'est rendue sur place au moment des funérailles des victimes de l’attaque et a rencontré Jeannette: «Ses émotions oscillaient entre le choc de la mort de son mari et le soulagement que son fils, Zagba, ait survécu. Elle semblait épuisée.» Un équipier rapporte: «Nous n'avions rien à offrir à ces chrétiens en deuil, si ce n'est une prière et un message de solidarité. Mais en fait, c'était une chose très profonde d'être avec eux ce jour-là, alors qu’ils faisaient face à l'un des moments les plus difficiles de leur vie: dire un dernier adieu à leurs proches.»

Nos partenaires s’efforcent de réconforter et d’encourager les plus vulnérables parmi les survivants de ces attaques. Ils entourent les personnes en deuil et prient avec elles. La prière contribue à atténuer le traumatisme. Dès que possible, les équipes reviendront avec un soutien concret pour aider ces familles à reconstruire leur vie.