11.07.2019 /
Azerbaïdjan
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Azerbaïdjan: la lutte contre le terrorisme affecte la liberté religieuse

Pasteur condamné, cours de religion obligatoires, en Azerbaïdjan, l'État cherche à reprendre la main sur la pratique religieuse.

Tous ses recours ont été rejetés. Le 14 juin, le pasteur Hamid Shabanov a dû s’acquitter d’une amende de 950 francs, une somme qui représente plus de 3 mois de salaire en Azerbaïdjan.

Il avait été arrêté en 2016 lors d’une descente de police dans son église et avait été condamné à une forte amende pour avoir «organisé une réunion chrétienne sans autorisation de l’État.»

Le pasteur avait refusé de payer et avait contesté sa peine devant les tribunaux mais en vain, tous ses appels ont été rejetés.

Il avait également essayé de faire enregistrer son église auprès des autorités mais sans succès car elle ne compte pas les 50 membres adultes qu’exige la loi pour qu’une église soit reconnue.

Cours de religion obligatoires à l’université

Tout cela intervient dans un contexte où l’État essaie de reprendre le contrôle de la pratique religieuse dans le pays.

En avril, un haut fonctionnaire a déclaré qu’à partir de 2020, les cours de religion seraient obligatoires pour tous à l’université. Dans ce pays à majorité musulmane, l’objectif de ces cours est de sensibiliser contre les dangers de l’extrémisme. En effet, ces dernières années, des centaines d’Azéris sont partis grossir les rangs des groupes islamistes radicaux, dont l'État Islamique.

L’État veut mettre en avant le nationalisme et s'en prendre à toutes les religions dont le christianisme. En orientant sa propagande vers les jeunes, il cherche à atteindre les églises, à contrôler et institutionnaliser la pratique religieuse. (Source Forum 18)