05.07.2019 /
Azerbaïdjan
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Azerbaïdjan: L'Eglise attend le droit d’exister depuis 25 ans

Le 6 mai dernier, la Cour constitutionnelle de l’Azerbaïdjan a confirmé l’amende conséquente infligée à Hamid Shabanov, sans recours possible. Pasteur d'une église à Aliabad, il avait été condamné en 2016 pour avoir organisé des rencontres religieuses «illégales». L’église n’a jamais obtenu l'enregistrement officiel malgré ses efforts répétés depuis plus de vingt ans.

Le matin du 26 novembre 2016, la police a fait irruption dans une réunion de prière rassemblant une trentaine de chrétiens dans la maison du pasteur Shabanov. Par la suite, lors d'une audience de quinze minutes, Hamid et un autre responsable d'église ont été condamnés à une amende de quelque CHF 1000 chacun, ce qui correspond à environ trois mois de salaire. La décision est fondée sur l'article 515.0.2 du Code administratif qui stipule que les activités religieuses sont punissables sans autorisation de l'Etat.

L’église du pasteur Shabanov avait demandé à être reconnue depuis sa fondation en 1994, mais sa demande a été rejetée à chaque fois pour divers motifs. Actuellement, c'est de toute façon chose impossible, car l’assemblée compte moins de 50 membres adultes, nombre minimal requis depuis 2011. Plusieurs recours ont déjà été rejetés. Si l’église se réunit à nouveau, le montant de l’amende risque de doubler.

Le responsable de l'Union Baptiste d’Azerbaïdjan, le pasteur Ilya Zenchenko, estime que le cas Shabanov est une violation des droits de l'homme et de la Constitution du pays: «C’est une violation des articles 48 et 49 de notre Constitution qui garantissent la liberté religieuse et de réunion», a-t-il déclaré à l’organisation des droits humains Forum 18. L’église a déjà fait l’objet de plusieurs raids et avertissements de la police. Deux pasteurs, dont Hamid, ont déjà été arrêtés dans le passé.

Si la Constitution de l’Azerbaïdjanaise contient une série de libertés fondamentales, de nombreuses lois restreignent l'exercice de la liberté religieuse et d'opinion. Selon la loi religieuse promulguée en 2009 et renforcée à plusieurs reprises depuis, toute activité religieuse communautaire requiert une autorisation de l'Etat. Dans les faits, il est presque impossible de l'obtenir. La production et la distribution, et même la possession d'écrits religieux, est soumise à autorisation. Les services secrets surveillent de très près si ces lois sont respectées. En cas de violation, les conséquences peuvent être dramatiques. L'Azerbaïdjan est actuellement classé 50e sur l’Index mondial de persécution.
(Source: Forum 18)