20.03.2020 / news

7 leçons de l'Église persécutée qui nous aident face au coronavirus

Le coronavirus bouleverse notre vie quotidienne. Pour ne pas céder à la peur, soyons attentifs au message de courage des chrétiens qui vivent la persécution. Ils ont des conseils à nous transmettre.

Écoles fermées, employés travaillant à domicile, places boursières en déroute, rencontres sportives annulées, sites touristiques fermés, églises vides… Tout le pays retient son souffle. Pour de nombreuses personnes, c’est une période effrayante. En tant que chrétiens, nous pouvons nous appuyer sur les promesses contenues dans la Bible: «Ne vous inquiétez pas pour votre vie, votre nourriture, vos vêtements», dit Jésus (Matthieu 6). Il ajoute: «Cherchez d’abord le royaume et la justice de Dieu, et toutes ces choses vous seront données par-dessus. Ne vous inquiétez donc pas du lendemain, car le lendemain aura soin de lui-même. À chaque jour suffit sa peine.»

Les chrétiens persécutés en raison de leur foi vivent chaque jour cette réalité. Ils ressentent la peur, l’incertitude, la douleur et la souffrance. Et pourtant ils gardent l’espérance de Christ au milieu des difficultés. Ont-ils quelque chose à nous enseigner? Voici sept leçons de nos frères et sœurs persécutés en ces temps incertains:

1. Nous appartenons à une famille solidaire

Jésus priait pour ses disciples en disant: «Je prie […] afin que tous soient un […] pour que le monde croie que tu m’as envoyé» (Jean 17). Jésus veut que son Église soit unifiée et forme la famille de Dieu.

Mohan*, chrétien de l’Inde dont la maison a été détruite à cause de sa foi, dit ceci: «Nous tremblions de peur. Mais ensuite je me suis souvenu de notre église où nous partageons l’amour et où nous aidons les uns les autres.»


Mohan, chrétien persécuté en Inde (photographe: Brittany Buongiorno)

Bien que la peur et l’incertitude face à un virus soient différentes de la persécution, le souvenir de Mohan peut aussi être le nôtre: gardons à l’esprit de quelle façon nous pouvons partager l’amour et nous entraider durant cette pandémie.

2. Nous ne sommes pas seuls

Les autorités nous demandent de rester confinés pour préserver les plus vulnérables. Mais l’isolement social ne signifie pas que nous sommes seuls. Nous avons été précédés d’une grande nuée de témoins (Hébreux 12:1). Au Mexique, Asuncion est un chrétien qui a été expulsé de son village en raison de sa foi. Il a suivi une formation de préparation à la persécution: «J’ai appris que nous ne sommes pas seuls dans ce domaine. Nous ne sommes ni les premiers ni les derniers à être persécutés.»

De même, nous ne sommes pas les premiers chrétiens à vivre en temps de difficultés. Nos frères et sœurs et les chrétiens d’autrefois en témoignent. La peste noire au Moyen-Age et la grippe espagnole (25’000 morts en Suisse d’octobre 1918 à mai 1919 seul suite à la grippe) n’ont pas tué l’Église. Nous ne sommes pas seuls: nous nous appuyons sur la prière et sur le Saint-Esprit pour nous donner du courage.

3. Dieu nous soutiendra

«En lui nous avons la vie, le mouvement et l’être», disait Paul aux Athéniens (Actes 17:28). Dieu promet qu’il sera avec nous. Il n’a pas promis que nous ne souffrirons pas, mais que notre souffrance ou notre peur ne seront jamais hors de portée de sa main bienveillante. Achiam*, au Tchad, est la seule chrétienne de son village. Elle est aveugle. Elle a été frappée par son frère et ridiculisée par sa famille au sujet de sa foi, mais elle suit toujours Jésus: «Je sais que je ne suis pas au bout de mes peines, mais Dieu continuera à me soutenir. J’ai été très claire avec ma famille à propos de ma foi. Je reste avec Christ et rien au monde ne me fera changer d’avis. Donc je ne crains rien.»

Au milieu des persécutions ou des pandémies mondiales, Dieu soutient son peuple.

4. Jésus a vaincu le monde

«Vous aurez des tribulations dans le monde ; mais prenez courage, j’ai vaincu le monde» (Jean 16: 33). Ces paroles que Jésus confiait à ses disciples s’appliquent aussi à la période d’incertitude présente et à l’anxiété causée par la persécution.

Au Nigéria, la communauté du pasteur Marcus a été attaquée par les terroristes du groupe islamique Boko Haram. Des gens ont été tués, l’église a été brûlée, des maisons ont été détruites, des vies ont été brisées. Et pourtant, Marcus vit en sachant que Jésus a surmonté tout ce qui pourrait lui faire du mal ou blesser d'autres chrétiens. Il nous explique:

«Nous ne prions pas pour que Dieu supprime les difficultés, mais pour que Dieu nous donne la grâce de pouvoir rester debout. La Bible nous dit que quiconque persévérera jusqu'à la fin recevra une couronne de justice. C'est le message que je veux envoyer aux chrétiens du monde entier aujourd'hui.»


Pasteur Marcus, du Nigéria

Quelle que soit notre situation, Jésus nous rappelle qu'il a surmonté tout ce que le monde peut nous réserver. Pour cette raison, nous pouvons avoir confiance et espérer, quoi qu'il arrive. Bien que cela puisse être difficile à comprendre à la lumière des temps actuels, considérons l'exemple de notre famille persécutée pour voir ce genre de foi en action.

5. Plus que vainqueurs, par Jésus

«Qui nous séparera de l'amour du Christ ? Les ennuis, les difficultés, la persécution, la famine, la nudité, le danger ou l'épée ?» Comme Paul l’écrit: «Pour vous, nous sommes confrontés à la mort toute la journée ; nous sommes considérés comme des moutons à abattre. Non, dans toutes ces choses, nous sommes plus que vainqueurs par Celui qui nous a aimés» (Romains 8:35 – 37).

On pourrait ajouter «épidémies» à la liste que Paul donne dans la première partie de ce passage. Les chrétiens persécutés connaissent cette réalité. Ils vivent la vérité de l'Évangile.

En Inde, le boycott social est une expérience de persécution courante qu'une famille chrétienne vit lorsqu'elle choisit le christianisme. Dans le cas des convertis célibataires, la pression est encore plus forte. Tara par exemple, vit isolée dans sa propre maison à cause de sa foi. Elle raconte: «Personne ne me parle. Je dois cuisiner ma propre nourriture à part, car on ne me permet pas d’aller dans la cuisine. Je risquerais de polluer la nourriture et l’eau avec ma foi impure!»

À quoi bon garder la foi dans de telles conditions? Tara a été tiraillée par cette question. Elle marque un temps de silence avant de répondre comme un aveu:

«À cause de la persécution, j'ai essayé une fois de quitter Jésus, mais je me sentais vide. Ce vide, je ne pourrais jamais le combler sans lui. Je ne peux pas quitter Jésus. C’est lui qui me fait tenir malgré le rejet, la solitude.»

L'exemple de Tara nous rappelle que Jésus a déjà remporté la victoire et que son amour est toujours là, même dans les circonstances les plus effrayantes.

6. Dieu est notre refuge et notre force

D'où provient notre secours? Le Psaume 121 répond: «Le secours me vient de l’Éternel, le créateur du ciel et de la terre.» C'est pourquoi nous avons la certitude que, même si nos pires craintes se réalisent, nous serons toujours soutenus par la main forte et puissante de Dieu, le Créateur. Les chrétiens opprimés pour leur foi vivent avec cette réalité. Il serait impossible de survivre sous une menace constante sans l'assurance que Dieu est là comme secours, avec force.

«Les pharisiens ont persécuté Jésus, mais il a quand même continué son oeuvre», note Lazar*, responsable d'église en Ouzbékistan. Son église a été perquisitionnée par la police, qui a saisi toutes les bibles et les livres chrétiens.

«Le soir après le raid, j'ai lu le Psaume 91. Dieu est mon refuge et ma force. Je peux me cacher en Lui. Je ne veux pas me laisser gouverner par la peur, car cela ne m’aide pas du tout.»

L'attitude de Lazar peut nous inspirer. Vivons ces temps de crise sans être régis par la peur. Vivons plutôt en sachant que Dieu est notre secours, notre force et notre refuge.

7. Dieu ne nous abandonne pas

Où est Dieu dans des moments comme ceux-ci? Pourquoi n'a-t-il pas empêché le virus de se propager? Pourquoi n'intervient-il pas pour sauver chaque vie? Pourquoi cela arrive-t-il?

Ces questions difficiles ont été posées depuis la nuit des temps. Mais Dieu est là si nous avons le courage de Le chercher. Ses voies ne sont pas nos voies, mais nous pouvons avoir confiance qu'Il accomplira sa volonté parfaite et qu'il nous invite à participer à Son plan pour le monde.

Pour les chrétiens qui ont connu la persécution, la souffrance pour le nom de Jésus peut sembler injuste, voire inutile. Et pourtant, maintes et maintes fois, ce n'est pas ce que nous entendons de leur bouche. «Je suis toujours étonnée de voir comment Dieu a travaillé de façon mystérieuse pour répondre à nos prières et répondre à nos besoins», explique Aditi*, chrétienne indienne de 16 ans dont la famille a subi de graves persécutions.

«Pendant tout ce temps, Dieu voulait juste nous enseigner comment lui faire confiance. Et maintenant, nous savons qu'il est digne de confiance. Il ne nous a jamais abandonnés.»


Aditi, chrétienne persécutée en Inde

Le père d'Aditi le confime. Même s'il avait des moments de doute sur la bonté de Dieu, il se tenait en sa présence. «Souvent, quand je me sentais découragé, je passais du temps à prier. C'est alors que ma foi a grandi. Nous avons besoin de courage pour faire confiance à Dieu. Et ce courage vient de la prière», dit-il.

Dieu est là, même quand il peut être difficile de voir sa main. Nous pouvons prier pour demander à Dieu de nous aider à avoir les yeux de la foi pour observer son travail dans nos vies, même au milieu d'une pandémie mondiale. Cette période d'incertitude est une occasion pour nous tous de Le voir à l’œuvre et d'avoir confiance qu'il ne nous a pas abandonnés. Ayons le courage de le suivre, d'aimer nos voisins et de vivre pour lui, quoi qu'il arrive.

* Noms d’emprunt