Index de persécution 2021

Ni seuls ni oubliés

Projet Index Top 10

Soutenez les chrétiens courageux aux endroits les plus dangereux au monde!

Corée du Nord

Découvrez l'histoire de la prisonnière 42.

28 jours de prière

Priez pour les pays où la foi coûte le plus. Abonnez-vous gratuitement à notre magazine.

L'Index mondial de persécution est une liste de 50 pays classés selon l'ampleur des persécutions exercées contre les chrétiens. Chaque pays a sa propre page avec son profil ainsi que des articles et informations concernant les persécutions dans ce pays.

Télécharger l'index mondial de persécution actuel en format PDF ici : Index mondial de persécution 2021

  

  Pays  

TOTAL    

  01  

  Corée du Nord  

  94  

  02  

  Afghanistan  

  94  

  03  

  Somalie  

  92  

  04  

  Libye  

  92  

  05  

  Pakistan  

  88  

  06  

  Erythrée  

  88  

  07  

  Yémen  

  87  

  08  

  Iran  

  86  

  09  

  Nigeria  

  85  

  10  

  Inde  

  83  

  11  

  Irak  

  82  

  12  

  Syrie  

  81  

  13  

  Soudan  

  79  

  14  

  Arabie saoudite  

  78  

  15  

  Maldives  

  77  

  16  

  Egypte  

  75  

  17  

  Chine  

  74  

  18  

  Birmanie (Myanmar)  

  74  

  19  

  Vietnam  

  72  

  20  

  Mauritanie  

  71  

  21  

  Ouzbékistan  

  71  

  22  

  Laos  

  71  

  23  

  Turkménistan  

  70  

  24  

  Algérie  

  70  

  25  

  Turquie  

  69  

  26  

  Tunisie  

  67  

  27  

  Maroc  

  67  

  28  

  Mali  

  67  

  29  

  Qatar  

  67  

  30  

  Colombie  

  67  

  31  

  Bangladesh  

  67  

  32  

  Burkina Faso  

  67  

  33  

  Tadjikistan  

  66  

  34  

  Népal  

  66  

  35  

  Rép. centrafricaine  

  66  

  36  

  Ethiopie  

  65  

  37  

  Mexique  

  64  

  38  

  Jordanie  

  64  

  39  

  Brunei  

  64  

  40  

  Congo (RDC)  

  64  

  41  

  Kazakhstan  

  64  

  42  

  Cameroun  

  64  

  43  

  Bhoutan  

  64  

  44  

  Oman  

  63  

  45  

  Mozambique  

  63  

  46  

  Malaisie  

  63  

  47  

  Indonésie  

  63  

  48  

  Koweït  

  63  

  49  

  Kenya  

  62  

  50  

  Comores  

  62  

La carte de l'Index mondial de persécution vous donne un aperçu des pays où la situation des chrétiens est actuellement la plus difficile.

La carte actuelle peut être téléchargée en format PDF ici : Carte de la persécution 2021

La pandémie de coronavirus a mis en évidence et exacerbé la discrimination, l’inégalité et la persécution systémiques que subissent 309 millions de chrétiens dans les 50 premiers pays de l’Index mondial de persécution. C’est là une des principales tendances observées dans la dernière édition de cet index, résultat d’une enquête annuelle sur la persécution des chrétiens dans les différents pays.

Cette année, pour la première fois, tous les pays du Top 50 affichent au moins un niveau «très élevé» de persécution; dans les 12 premiers, le niveau est même «extrême». Pour la vingtième fois consécutive, la Corée du Nord est le pire pays du monde pour les chrétiens. Voici les tendances les plus marquantes de l’Index mondial de persécution 2021.

«Dans un monde où la persécution des chrétiens augmente sans cesse, aggravée encore par les restrictions dues au coronavirus, la bonne nouvelle pour eux c’est qu’ils ne sont jamais seuls, car Dieu est avec eux, des gens prient pour eux dans le monde entier, et les partisans de la liberté religieuse s’engagent davantage pour leur cause.»
Dan Ole Shani, CEO de Portes Ouvertes International

Au total, 74 pays ont présenté des niveaux de persécution extrêmes, très élevée ou élevée. Au moins 340 millions de chrétiens sont touchés, soit un chrétien sur huit dans le monde.

Monde : le Covid-19 aggrave la vulnérabilité structurelle existante

La pandémie a mis en évidence et exacerbé la vulnérabilité sociale, économique et ethnique de millions de chrétiens dans le monde. Elle semble agir comme un catalyseur pour l’expression d’attitudes oppressives souvent cachées.
En Inde, 80 % des plus de 100'000 chrétiens qui ont reçu de l’aide de nos partenaires ont rapporté avoir été exclus des distributions alimentaires étatiques. Certains ont marché des kilomètres et dissimulé leur identité chrétienne pour aller chercher de la nourriture ailleurs. Une enquête gouvernementale menée en 2017-2018 a révélé que le chômage est plus élevé chez les chrétiens que chez les autres groupes religieux. Le refus de fournir une aide alimentaire a donc entraîné des difficultés pour des communautés entières. Dans d’autres pays, principalement asiatiques, les chrétiens des zones rurales se sont également vu dénier de l’aide.

Certains chrétiens ont rapporté qu’en raison de la pandémie, ils ont subi moins de pression pour participer aux rites religieux locaux. Mais la plupart ont déploré que les couvre-feu les aient enfermés chez eux en compagnie de ceux qui étaient le plus hostiles à leur foi. Les femmes et les enfants ont été les plus touchés. Dans les dix premiers pays de l’Index, le nombre de femmes signalant des violences psychologiques et la perte de contact avec d’autres chrétiennes a augmenté.

Les enlèvements, conversions violentes et mariages forcés de femmes et de jeunes filles ont augmenté. Un cas typique est celui de la chrétienne Rania Abdel-Masih, 39 ans, mère de trois filles, en Égypte. Elle s’était portée volontaire pour un projet christiano-musulman bien connu. Après sa disparition en avril, alors qu’elle se rendait chez sa sœur, elle est réapparue sur Internet dans des vidéos liées aux Frères musulmans, où elle portait un niqab et disait être musulmane depuis 9 ans. Elle avait l’air apeuré et parlait manifestement sous la contrainte. Trois mois plus tard, suite à la couverture médiatique et grâce à la diplomatie de l’Église copte, elle a pu réintégrer sa famille et a souligné qu’elle ne s’était jamais convertie à l’Islam.

Afrique : les milices islamistes exploitent les restrictions dues au Covid-19

Dans toute l’Afrique subsaharienne, l’Église a été confrontée à une violence jusqu’à 30% supérieure à celle de l’année dernière. Les djihadistes et les milices profitent des carences des gouvernements faibles. Au Nigeria, qui figure pour la première fois parmi les 10 premiers, plusieurs centaines de villages, pour la plupart chrétiens, ont été occupés ou attaqués par des éleveurs peuls armés.

Boko Haram et son groupe dissident, l’État islamique en Afrique de l’Ouest, ont perpétré quelque 400 attaques dans le nord du Cameroun, dont 234 contre des civils.
Un responsable du HCR a déclaré que la zone sahélienne centrale – Mali, Burkina Faso et Niger – était l’épicentre de la crise de déplacements de population qui connaît l’augmentation la plus rapide du monde. Au Burkina Faso, connu jusqu’à récemment pour son harmonie interreligieuse, un million de personnes ont été déplacées par la sécheresse et la violence. Les islamistes attaquent les églises (14 personnes tuées dans un attentat, 24 dans un autre). Human Rights Watch fait état de plus de 85 attaques contre des écoles au Burkina Faso, au Mali et au Niger entre janvier et juillet 2020. Au Mali, des chrétiens occidentaux continuent d’être pris en otage et tués.

En Afrique de l’Est, le Mozambique (nouveau dans le Top 50) est confronté à la violence d’une branche de l’État islamique en Afrique centrale, appelée Al-Shabaab par la population mais distincte du groupe somalien. Ces extrémistes veulent introduire la charia dans la province de Cabo Delgado, riche en minéraux mais peu développée. Cette province a subi 600 attaques depuis 2017, qui ont fait plus de 1150 morts et plus de 300'000 déplacés.
La République démocratique du Congo (RDC – nouvelle dans le Top 50) subit la pression de son propre groupe lié à l’État islamique, les Forces démocratiques alliées (ADF), qui se sont installées dans la province du Nord-Kivu. Les ADF exercent un contrôle presque total sur de vastes zones rurales. Depuis des années, elles attaquent des écoles et des dispensaires tenus par des chrétiens, brûlent des églises et tuent des responsables de communautés. Selon un rapport des Nations unies, elles se rendent coupables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

Chine : toujours plus de surveillance et de restrictions

La Chine a réduit de façon décisive l’incidence du Covid-19, mais pour ses 97 millions de chrétiens, le prix est lourd, car la surveillance s’étend jusque dans les maisons et suit les interactions en ligne et hors ligne. Sur les quelque 570 millions de caméras de surveillance chinoises, des millions sont dotées d’un logiciel de reconnaissance faciale perfectionné, lié au «système de crédit social» chinois, qui surveille la «loyauté» des citoyens à l’égard du dogme communiste.
Selon des rapports provenant des provinces du Henan et du Jiangxi, de telles caméras sont installées dans tous les lieux de culte autorisés par l’État. Beaucoup d’entre elles sont reliées au Bureau de la sécurité publique. Des représentants du parti communiste dans le Shanxi, le Henan, le Jiangxi, le Shandong et d’autres provinces ont menacé de supprimer les prestations sociales des chrétiens, telles leurs retraites, s’ils refusaient de remplacer les croix et autres symboles chrétiens par des portraits du président Xi Jinping. La «sinisation» de la religion comprend également la réinterprétation de la Bible guidée par les valeurs socialistes.

Aussi bien des églises «tri-indépendantes» enregistrées par l’État que les «églises de maison» non enregistrées sont de plus en plus souvent victimes de la confiscation de matériel chrétien ainsi que de rafles, d’amendes et d’arrestations de leurs responsables. Les prêtres de la province du Jiangxi qui refusaient d’adhérer à l’Association patriotique catholique reconnue par le gouvernement se sont vu interdire toute activité religieuse.
L’évêque de l’«Église clandestine» catholique du diocèse de Mindong, longtemps harcelé par les autorités, a fini par démissionner pour faire place à son successeur approuvé par l’État, qui s’est empressé de diriger une délégation de 33 prêtres pour s’informer sur la «sinisation» de la religion.

Dans le Shandong, et de plus en plus ailleurs, les églises doivent placarder des affiches préparées par le gouvernement, portant des versets bibliques illustrant les «Douze principes»: prospérité, démocratie, courtoisie, harmonie, liberté, égalité, justice, état de droit, patriotisme, dévouement, intégrité et amitié.

Inde, Turquie: hausse d’un nationalisme fondé sur l’identité religieuse majoritaire 

Dans le contexte d’une vague de nationalisme hindou, les chrétiens indiens sont soumis à une pression quotidienne. La construction d’un temple hindou sur le site d’une mosquée – une promesse électorale clé du Premier ministre Narendra Modi – représente un grand succès pour sa base partisane nationaliste. Le message «Pour être Indien, il faut être hindou» continue d’inciter des foules à attaquer aussi bien des chrétiens que des musulmans.

L’Inde continue aussi de bloquer l’arrivée de fonds étrangers dans de nombreux hôpitaux, écoles et organisations religieuses tenus par des chrétiens.
Le président turc Erdogan a répondu lui aussi aux attentes de ses électeurs lorsqu’il a convaincu un tribunal de reconvertir l’ancienne cathédrale orthodoxe Sainte-Sophie en mosquée. Un mois plus tard, beaucoup moins publiquement, un autre site du patrimoine mondial de l’UNESCO, l’église de Chora, a été transformé de musée en mosquée. 
Près de la frontière sud-est de la Turquie, en janvier 2020, un couple chrétien chaldéen a été enlevé dans son village isolé, dont les siècles d’histoire chrétienne avaient été détruits par les attaques de l’armée turque et par la discrimination kurde. Le couple était retourné dans son village il y a dix ans. Après avoir résisté aux intimidations répétées des autorités les poussant à partir, ils étaient les derniers chrétiens restants. Le corps de la femme a été retrouvé en mars; le mari est toujours porté disparu.  

L’influence turque s’étend au-delà de ses frontières, notamment par son soutien à l’Azerbaïdjan dans sa guerre contre l’Arménie pour l’enclave à majorité chrétienne du Haut-Karabakh. Dans le nord de l’Irak, la Turquie continue d’attaquer le Parti des travailleurs du Kurdistan, considéré comme une organisation terroriste. Au moins 25 villages chrétiens ont été évacués en conséquence de ces attaques depuis le début de l’année 2020.
La réinstallation par la Turquie de ses réfugiés d’autres parties de la Syrie dans le nord-est du pays continue de modifier la démographie de la région. Cela rend particulièrement vulnérables les chrétiens kurdes, convertis de l’islam, ainsi que les communautés chrétiennes historiques.

Soudan : plusieurs bonnes nouvelles

Le Soudan a aboli la peine de mort pour apostasie (abandon de l’islam). Sa nouvelle Constitution garantit la liberté religieuse, abolit la charia en tant que source première du droit et ne définit plus l’islam comme religion d’État – bien qu’après 30 ans, il reste encore beaucoup de résistance à des changements aussi profonds; une Constitution est plus facile à changer qu’une mentalité culturelle. Mais la vie s’améliore pour les 6% de chrétiens au Soudan. Ainsi, huit responsables d’églises qui avaient été accusés il y a trois ans ont été acquittés par un tribunal. 

 «Dans un monde où la persécution des chrétiens augmente sans cesse, aggravée encore par les restrictions dues au coronavirus, la bonne nouvelle pour eux c’est qu’ils ne sont jamais seuls, car Dieu est avec eux, des gens prient pour eux dans le monde entier, et les partisans de la liberté religieuse s’engagent davantage pour leur cause.
Dan Ole Shani, CEO de Portes Ouvertes International

Note:
Durant la période sous revue (du 1er octobre 2019 au 30 septembre 2020), les restrictions dues au Covid-19 ont nécessité des adaptations dans la manière de collecter les données sur place. Grâce à des outils numériques supplémentaires et à des recherches d’experts plus étendues, Portes Ouvertes est convaincue que la qualité et la fiabilité de l’évaluation et de l’analyse de l’Index mondial de persécution 2021 ont pu être maintenues.

Index 2021: Tendances (PDF)

Cette année encore, de nombreuses exactions ont été commises contre des chrétiens, à cause de leur foi. Cinq faits marquants sont à relever dans les chiffres publiés ici.  
Les données sur la violence présentées dans ce document sont limitées à tous les pays ayant obtenu 41 points ou plus au cours de la période de référence. Il peut y avoir des cas de violence dans des pays ayant obtenu 40 points ou moins, mais ils ne sont pas inclus ici.

CINQ FAITS MARQUANTS EN 2020

  1. 1. Le nombre de chrétiens tués en un an est passé de 2 983 à 4 761. Cela représente une augmentation de quasiment 60%. Neuf chrétiens sur dix ont trouvé la mort en Afrique sub-saharienne.
  2. 2. Le nombre d’églises fermées, suite à une fermeture administrative ou après une destruction a diminué de près de moitié, passant de 9 488 (Index 2020) à 4 488 Index 2021. Toutefois, il faut se souvenir que bon nombre d’églises fermées en 2019 n’ont pas rouvert cette année.
  3. 3. Le nombre de chrétiens détenus de manière arbitraire à diminué de près de 20%, passant de 3 420 à 2 813. Deux pays comptent chacun un tiers de ces détenus: La Chine et l’Erythrée.
  4. 4. Le nombre de condamnations à des peines de prison a augmenté de 5% cette année, passant à 1 464 contre 1 391 l’an passé.
  5. 5. Enlèvements et disparitions de chrétiens ont aussi augmenté de plus de 60% cette année, passant de 1 052 à 1 710 dans la période sous revue.

CHRÉTIENS TUÉS POUR LEUR FOI

Chrétiens tués pour leur religion, y compris les exécutions ordonnées par l’Etat.

  Chrétiens tués  

  Index  2021  

  Index  2020  

  Nigeria  

  3 530  

  1 350  

  Congo RDC  

  460  

  152  

  Pakistan  

  307  

  20  

  Mozambique *  

100  

  12  

  Cameroun  

53  

  10  

  Burkina Faso  

38  

  50  

  République centrafricaine  

35  

  924  

  Mali  

33  

  10  

  Autres pays de l'Index 2021  

168  

143  

  Hors Index 2021  

37  

312  

  TOTAUX  

  4 761  

  2 983  

 

ÉGLISES FERMÉES OU DÉTRUITES

Attaques d’églises et d’autres édifices chrétiens.

  Eglises fermées ou détruites

  Index 2021  

  Index 2020  

  Chine  

  3 088  

  5 576  

  Nigeria  

  270  

  150  

  Congo RDC *  

  100  

  10  

  Ethiopie *  

100  

124  

  Bangladesh  

  90  

  14  

  Inde  

  76  

  34  

  Pakistan  

  68  

  58  

  Mexique  

  61  

  8  

  République centrafricaine  

  56  

  47  

  Autres pays de l'Index 2021  

  234  

579  

  Hors index 2021  

  345  

  2 888  

  TOTAUX  

  4 488  

  9 488  

 

CHRÉTIENS DÉTENUS SANS JUGEMENT

  Chrétiens détenus arbitrairement  

  2021  

  Chine * 

1 000  

  Erythrée  

930  

  Iran  

110  

  Pakistan *  

100  

  Algérie  

97  

  Inde  

72  

  Cameroun  

32  

  Turkménistan  

 31  

  Egypte  

 26  

  Nigeria  

25  

  Pays non nommés de l'Index 2021 1  

121  

  Autres pays de l'Index 2021  

193  

  Hors index 2021  

76  

  TOTAUX  

2 813  

 

CHRÉTIENS CONDAMNÉS EN 2020

Il s’agit de chrétiens condamnés à des peines de prison, de camp de travail, ou à des séjours en hôpital psychiatrique, en raison de leur foi.

  Chrétiens condamnés à la réclusion 

  2021  

  Bangladesh  

143  

  Erythrée *  

100  

  Pakistan  

62  

  Iran  

44  

  Nigeria  

25  

  Birmanie (Myanmar)  

13  

  Chine *  

10  

  Congo RDC *  

10  

  Vietnam *  

 10  

  Pays non nommés de l'Index 2021 1  

1 010  

  Autres pays de l'Index 2021  

31  

  Hors index 2021  

6  

  TOTAUX  

1 464  

 

CHRÉTIENS ENLEVÉS OU DISPARUS

Combien de chrétiens ont été enlevés pour des raisons liées à la foi, y compris les chrétiens disparus dans un contexte de persécutions ? Il s’agit de chrétiens condamnés à des peines de prison, de camp de travail, ou à des séjours en hôpital psychiatrique, en raison de leur foi.

  Chrétiens enlevés ou disparus 

  2021  

  Nigeria  

990  

  Congo RDC  

250  

  République centrafricaine *  

100  

  Pakistan *  

100  

  Libye  

50  

  Mozambique  

50  

  Pays non nommés de l'Index 2021 1  

27  

  Autres pays de l'Index 2021  

119  

  Hors index 2021

24  

  TOTAUX  

1 710  

1 Cinq pays de l’Index ne sont pas détaillés pour des raisons de sécurité. Il s’agit de:
L’Afghanistan, la Corée du Nord, les Maldives, la Somalie et le Yémen

>> Les chiffres de la persécution

Qu’est-ce que la persécution des chrétiens? 

La Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations Unies de 1948 cite parmi les droits humains fondamentaux la liberté de pensée, de conscience et de religion.

Rappelons en particulier l’article 18, sur la liberté religieuse: «Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites».

Si la liberté religieuse est bien définie par cet article, en particulier le droit de changer de religion et de la manifester, il n’existe pas de définition universellement reconnue de la persécution.

Portes Ouvertes nomme persécution: «Toute hostilité que les chrétiens subissent du fait de leur attachement à Christ. Cela inclut des attitudes, des paroles et des actions hostiles à leur encontre.» Cette définition large évite le risque de limiter la persécution aux seuls actes de violence. La menace quotidienne peut finalement s’avérer plus grave et plus dévastatrice pour une communauté chrétienne que la destruction de son église ou un attentat. C’est notamment le cas lorsqu’elle résulte d’une pression politique ou d’une discrimination sociale ou religieuse persistante. Pareillement, la perte de son travail peut avoir des effets aussi sérieux que des coups subis en prison.

La persécution survient en grande partie dans des régions où la vie est difficile pour tous. Elle vient donc s’ajouter à la vulnérabilité déjà présente, et les chrétiens sont ainsi doublement fragilisés. Dans ces systèmes qui limitent leurs droits ou les excluent, on désigne les chrétiens de «citoyens de seconde classe».

La persécution des chrétiens: Une question de Droit de l’Homme

C’est un sujet au cœur de l’actualité. Aujourd’hui, Portes Ouvertes estime qu’un chrétien sur huit dans le monde est persécuté ou discriminé en raison de sa foi. Cette situation est un rappel douloureux du fait que la persécution des chrétiens constitue un problème mondial de respect des Droits de l’Homme. En effet, tout individu, où qu’il se trouve, devrait pouvoir librement vivre en accord avec la religion de son choix.

Lire le pdf avec l’article complet

L’Index mondial de persécution est l’instrument utilisé par Portes Ouvertes pour mesurer l’évolution, l’étendue et l’intensité de la persécution des chrétiens dans le monde.
Le classement de l’index est le résultat d’un travail méticuleux. Nous rassemblons depuis 1992 des informations provenant de sources très différentes, religieuses et laïques.
La méthodologie a été complètement revue en 2012 et a subi quelques adaptations en 2013 et 2016.
Nous vérifions et recoupons l’information en provenance du terrain, avec celle qui est diffusée par d’autres organismes (presse, instituts de recherche, autres ONG, etc.).
Nous comparons de nombreux questionnaires que nous envoyons à des personnes internes et externes à l’ONG.
Nous notons et classons les pays en fonction des informations recueillies et analysées.

UNE ANALYSE DES DIFFÉRENTES COMPOSANTES DE LA PERSÉCUTION
Mettre en lumière la violence d’oppression au quotidien

L’index fait une distinction claire entre deux formes principales de persécution: d’un côté, la violence physique et matérielle, de l’autre côté, la violence d’oppression au quotidien.
La première forme de persécution est plus facilement mesurable que la seconde car elle attire l’attention (nombre de tués, nombre d’églises brûlées, nombre de jeunes filles kidnappées…).
Cependant c’est la seconde forme de persécution qui cause le plus de souffrance et lamine les communautés chrétiennes à plus ou moins long terme (atteinte aux droits élémentaires comme l’accès à l’eau, discrimination sur le marché de l’emploi, rejet familial…).
Pour mesurer cette seconde forme de persécution qui passe souvent inaperçue, des outils spécifiques sont nécessaires. Nous appelons ces outils les sphères de la persécution.

LES SPHÈRES DE LA PERSÉCUTION/

L'Index définit cinq sphères distinctes pour mesurer les violences d’oppression quotidienne subies par les chrétiens:

Pressions
1. La vie privée
ou le domaine du «forum internum». Le persécuteur s’immisce-t-il jusque dans la conscience de l’individu.
2. La vie familiale, où le persécuteur cherche à stopper la transmission de la foi. 
3. La vie sociale, qui revêt une grande importance dans les pays où les quartiers et villages sont de population homogène.
4. La vie civile, et la possibilité ou non pour un chrétien de prendre part à la vie publique. 
5. La vie ecclésiale, et les restrictions qui visent les chrétiens en tant que communauté. 

Actes violents
Les violences corporelles et matérielles subies par les chrétiens pendant une période d’un an qui s’achève le 30 septembre précédant la publication de l'index viennent compléter cette évaluation. Ces actes peuvent avoir touché une ou plusieurs des cinq sphères.

UNE ÉTUDE DES PROCESSUS DE LA PERSÉCUTION
Les moteurs:

La persécution est un processus qui s’appuie sur trois types de moteurs: le tribalisme exclusif, le laïcisme extrême et les pouvoirs abusifs. Ces moteurs alimentent neuf différents mécanismes responsables de la persécution des chrétiens. Ces différents mécanismes sont eux-mêmes activés par douze genres d’instigateurs.
Le tribalisme exclusif ou «Entre Soi», tend à former une société homogène. Les «autres» sont exclus du groupe et considérés comme des êtres inférieurs, inhumains ou infidèles. Les actes les plus amoraux sont permis contre eux.
Le laïcisme extrême veut étouffer tout individu qui n’adhère pas à l’idéologie profane relevant du scepticisme et de l’anticléricalisme. Les principaux mécanismes relevant du laïcisme extrême sont l’oppression communiste et le laïcisme intolérant. Au final, l’Etat contrôle ce processus.
Les pouvoirs abusifs cherchent à concentrer toutes les ressources au profit d’un petit groupe ou d’un individu, et utilisent des moyens, tant légaux qu’illégaux, pour arriver à leurs fins. Les pouvoirs abusifs sont le fait principalement de totalitarismes ou de systèmes de corruption et nécessitent la cooptation entre dirigeants politiques et chefs de clans. Cette situation a souvent pour conséquence la persécution des chrétiens, même si ce n’est pas forcément le but recherché au départ.

Les mécanismes:
L’index catégorise neuf différents mécanismes responsables de la persécution des chrétiens. Très souvent, plus d’un mécanisme entre dans la persécution des chrétiens. Un mécanisme spécifique prééminent permet à d’autres de se développer.

   A) Tribalisme exclusif

1. Extrémisme islamique - Incorporer de gré ou de force le pays dans la "Maison de l'islam".
2. Nationalisme religieux - Soumettre la nation entière à une religion: hindouisme, bouddhisme, judaïsme orthodoxe...
3. Système clanique totalitaire - Un clan ou famille impose des valeurs ancestrales ou des croyances traditionnelles
4. Rivalités ethniques - Conserver la prééminence de traditions et de coutumes ou religions ancestrales. 
5. Supériorité ecclésiastique - Faire d'une dénomination chrétienne historique et majoritaire la seule expression chrétienne du pays.

   B) Laïcisme extrême

6. Oppression communiste - Faire du communisme l'idéologie nationale unique.
7. Laïcisme intolérant - Eliminer toute référence religieuse du domaine public et de la pensée individuelle.

   C) Pouvoirs abusifs

8. Totalitarisme ou paranoïa dictatoriale - Conserver un pouvoir absolu, sans nécessairement chercher à réaliser d'autres objectifs.
9. Corruption et crime organisé - Créer un climat d'impunité, d'anarchie et de corruption propice à un enrichissement personnel.

Les Instigateurs:
Les instigateurs de la persécution sont des groupes ou des individus animés par les différents moteurs mentionnés plus haut. L'Index recense douze différents types d'instigateurs. Plusieurs peuvent se regrouper pour mettre en place un mécanisme.

  • Fonctionnaires locaux, régionaux et nationaux
  • Dirigeants de groupes ou clans
  • Clergé de religions non-chrétiennes
  • Clergé de religions chrétiennes
  • Groupes religieux violents
  • Groupes de pression idéologiques
  • Individus de la société civile, foules
  • Famille (au sens large)
  • Partis politiques, au niveau local et national
  • Groupes révolutionnaires ou paramilitaires
  • Cartels, clans et réseaux du crime organisé
  • Organisations multilatérales (p.ex. ONU) et ambassades

UNE RECHERCHE SUR PLUSIEURS CRITÈRES: LA GRILLE DE POINTS
Une prérecherche est effectuée au moyen d’un outil appelé Rapid Appraisal Tool (instrument d’évaluation rapide) qui croise des recherches sur internet et différentes autres sources. Selon le résultat, des recherches complémentaires sont menées, destinées à déterminer la nécessité ou non d’une investigation approfondie. Si c’est le cas, des questionnaires de l’index sont adressés à des experts internes et externes mandatés pour évaluer le pays concerné.
Ces informations recueillies sont ensuite regroupées et recoupées pour arriver à un nombre de points qui décidera du rang du pays dans l’index. Les 50 pays où les chrétiens sont le plus gravement persécutés sont ainsi classés les uns par rapport aux autres:

Persécution extrême: entre 81 et 100 points. Dans ces pays, il n’est absolument pas possible de pratiquer sa foi. Les églises sont, soit interdites, soit tellement contrôlées qu’elles n’ont aucune liberté d’expression. Le simple fait d’être chrétien est synonyme de persécution.

Persécution très forte: entre 61 et 80 points. Dans ces pays, il est tellement dangereux de pratiquer sa foi que la plupart des chrétiens ont peur de révéler leur appartenance au christianisme. Dans certains cas, seules certaines régions du pays sont touchées par la persécution. Dans ces régions, des campagnes violentes et de longue durée sont menées contre les chrétiens.

Persécution forte: entre 41 et 60 points. Dans ces pays, il existe une Eglise qui est tolérée et qui bénéficie d’une certaine liberté. Mais en pratique, les chrétiens un peu trop visibles sont pris pour cible, les églises subissent des restrictions importantes et la culture du pays reste dans une large mesure hostile aux chrétiens. Ceux-ci sont notamment discriminés dans leur accès à l’éducation et à l’emploi. Dans certains pays la persécution est sévère mais elle se limite à certaines zones géographiques.

UN DOCUMENT HUMAIN
L’index n’est pas qu’une collecte de chiffres, il s’agit également d’un document «humain», qui reflète la vie de millions de chrétiens. Le but principal de l’Index mondial de persécution des chrétiens est de nous aider à déterminer dans quels pays nous devons focaliser notre soutien aux chrétiens persécutés.
Cet index est aussi publié afin d’encourager davantage d’individus, d’associations et d’institutions à se pencher plus précisément sur ce que vivent les chrétiens persécutés et sur leurs besoins, et pour que de meilleures stratégies puissent être élaborées dans le but de leur venir en aide.

Méthodologie (PDF)

41

Le Kazakhstan sous Nazarbaïev a pris une tournure dictatoriale en 2010 faite de politiques répressives, d’un strict contrôle des médias et de lois limitant les droits des citoyens. Puis brusquement, le 19 mars 2019, le président a démissionné après avoir dirigé le pays pendant 30 ans. Le président du sénat Kassym-Jomart Tokaïev a pris le relais avant d’être officiellement élu président le 9 juin 2019. Depuis la loi de 2011, tous les chrétiens sont limités dans l’exercice de leur foi. Les musulmans qui se convertissent au christianisme subissent une forte pression de la part de leurs familles, leurs amis et des habitants de leur village. Le gouvernement impose de lourdes restrictions aux églises de toutes dénominations. Il argue de la menace terroriste pour limiter la liberté religieuse.

42

Les chrétiens du Nord vivent sous la menace des islamistes de Boko Haram. Ils sont enlevés, assassinés. Les églises sont attaquées et détruites. Celles qui restent ont perdu beaucoup de leurs paroissiens, déplacés dans les violences, et sont victimes de l’insécurité ambiante qui les gêne dans leur fonctionnement. Dans le reste du pays, ce sont les chrétiens d’origine musulmane qui souffrent le plus.

43

Petit pays coincé entre deux géants, la Chine et l’Inde, le Bhoutan est une monarchie constitutionnelle depuis 2008. Le roi garde le pouvoir décisionnel ultime. En quelques dizaines d’années, le pays est passé d’un isolement presque total à une ouverture sur l’extérieur afin de se moderniser. Tout Bouthanais est censé être bouddhiste et ceux qui se convertissent à une autre croyance sont considérés avec suspicion. Aussi pour le gouvernement, tous les citoyens sont bouddhistes et il faut tout faire pour préserver l’héritage bouddhiste du pays. Aucune église chrétienne n’est officiellement reconnue. Des chrétiens qui se rassemblent sont de facto dans l’illégalité. Quiconque se convertit au christianisme est considéré avec suspicion par la société; pour sa famille, lui faire renier sa foi est une question d’honneur.

44

Oman a une position géostratégique entre le Golfe Persique et la mer d’Arabie. Plus de la moitié de la population est arabe. L’islam est religion d’État et la législation est fondée sur la charia. Les libertés d’expression, de réunion et d’association sont limitées et la liberté de religion ne peut s’exercer que dans le respect des coutumes et de la morale publique. Tous les citoyens doivent être musulmans, l’islam est religion d’État et la législation est basée sur la charia. Toutes les organisations religieuses doivent s’enregistrer auprès des autorités. Le niveau de persécution varie selon que l’on est un chrétien étranger travaillant dans le pays ou un autochtone converti au christianisme. Dans tous les cas, les chrétiens sont étroitement surveillés.

45

Le pays entre pour la 1re fois dans l’Index. La persécution contre les chrétiens se répand dans le pays suite au retrait de l’armée régulière qui a laissé le champ libre aux groupes armés. Les attaques des extrémistes islamiques et la présence de cartels de la drogue dans certaines régions ont contribué à accroître les persécutions au Mozambique. Des dizaines de milliers de personnes ont fui le Nord du pays.