Index de persécution 2020

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L'Index mondial de persécution est une liste de 50 pays classés selon l'ampleur des persécutions exercées contre les chrétiens. Chaque pays a sa propre page avec son profil ainsi que des articles et informations concernant les persécutions dans ce pays.

Télécharger l'index mondial de persécution actuel en format PDF ici : Index mondial de persécution 2020
 

  

  Pays  

TOTAL    

  01  

  Corée du Nord  

  94  

  02  

  Afghanistan  

  93  

  03  

  Somalie  

  92  

  04  

  Libye  

  90  

  05  

  Pakistan  

  88  

  06  

  Erythrée  

  87  

  07  

  Soudan  

  85  

  08  

  Yémen  

  85  

  09  

  Iran  

  85  

  10  

  Inde  

  83  

  11  

  Syrie  

  82  

  12  

  Nigeria  

  80  

  13  

  Arabie saoudite  

  79  

  14  

  Maldives  

  78  

  15  

  Irak  

  76  

  16  

  Egypte  

  76  

  17  

  Algérie  

  73  

  18  

  Ouzbékistan  

  73  

  19  

  Birmanie (Myanmar)  

  73  

  20  

  Laos  

  72  

  21  

  Vietnam  

  72  

  22  

  Turkménistan  

  70  

  23  

  Chine  

  70  

  24  

  Mauritanie  

  68  

  25  

  Rép. centrafricaine  

  68  

  26  

  Maroc  

  66  

  27  

  Qatar  

  66  

  28  

  Burkina Faso  

  66  

  29  

  Mali  

  66  

  30  

  Sri Lanka  

  65  

  31  

  Tadjikistan  

  65  

  32  

  Népal  

  64  

  33  

  Jordanie  

  64  

  34  

  Tunisie  

  64  

  35  

  Kazakhstan  

  64  

  36  

  Turquie  

  63  

  37  

  Brunei  

  63  

  38  

  Bangladesh  

  63  

  39  

  Ethiopie  

  63  

  40  

  Malaisie  

  62  

  41  

  Colombie  

  62  

  42  

  Oman  

  62  

  43  

  Koweït  

  62  

  44  

  Kenya  

  61  

  45  

  Bhoutan  

  61  

  46  

  Russie  

  60  

  47  

  Emirats arabes unis  

  60  

  48  

  Cameroun  

  60  

  49  

  Indonésie  

  60  

  50  

  Niger  

  60  

La carte de l'Index mondial de persécution vous donne un aperçu des pays où la situation des chrétiens est actuellement la plus difficile.

La carte actuelle peut être téléchargée en format PDF ici : Carte de la persécution 2020

Violences en Afrique – Surveillance en Asie

Comme l’an dernier, on dénombre 73 pays dans le monde où les chrétiens subissent une persécution grave, très grave ou extrême. L’Index mondial de persécution, qui repose sur des recherches approfondies et des entretiens avec des experts, en retient les 50 premiers. Les principales tendances de la période couverte par le dernier rapport (de novembre 2018 à octobre 2019) sont l’expansion de l’islamisme militant violent en Afrique et en Asie et la montée en force de la surveillance étatique.

«Depuis 1992, Portes Ouvertes analyse le sort des chrétiens persécutés pour leur foi dans le monde», a déclaré Dan Ole Shani, CEO de Portes Ouvertes International. «Depuis l’Index de persécution de 2002, la Corée du Nord se révèle être le pire pays pour les chrétiens, suivi de près cette année par l’Afghanistan, puis par la Somalie. Cette année, nous n’avons vu que très peu de changements dans le top 10, qui compte aussi des pays déchirés par des guerres civiles, comme la Libye et le Yémen. Mais le nombre de pays où les chrétiens subissent un niveau élevé de persécution a augmenté en raison de la pression et de la violence croissantes de leurs familles, de leurs collègues de travail, de la police, des systèmes juridiques et des structures étatiques.»

1. Expansion de l’islamisme militant violent en Afrique

>> Suite au renversement du président libyen Kadhafi et au vide du pouvoir qui en résulte en Libye, une vague islamiste se propage en Afrique subsaharienne, soutenue par l’argent, les armes, la drogue et le crime organisé.

Dans les États faibles ou «fragiles», où l’État de droit et le gouvernement ne parviennent pas à s’imposer, les communautés chrétiennes restent sans protection étatique. Le président du Mali (29) a déclaré en novembre 2018 que l’existence même de son pays était menacée par les djihadistes.

Burkina Faso

Sans faire les grands titres de la presse internationale, les Églises sont fortement attaquées, même si elles ne sont pas les seules victimes. Le Burkina Faso (28), connu depuis toujours pour sa tolérance religieuse, figure pour la première fois parmi les 50 premiers, tout comme le Cameroun (48).

Au Burkina Faso, les chrétiens disent qu’ils luttent pour leur survie. Des dizaines de prêtres catholiques ont été tués ; des pasteurs protestants et leurs familles ont été tués ou enlevés par des militants islamistes violents. Les djihadistes ont remplacé les écoles existantes par des écoles dites «arabes»; des églises, des commerces et des centres de santé sont incendiés. Dans le nord du pays, plus de 200 églises ont été fermées et des milliers de chrétiens se sont réfugiés dans des camps ou dans le sud.

«Les terroristes islamistes ont lancé un ultimatum aux habitants, les sommant de se convertir à l’islam ou de partir», selon une source. Un incident typique s’est produit en avril 2019 : des hommes armés à moto sont venus à un service religieux dans un village du Burkina Faso. Ils ont confisqué tous les téléphones et les papiers d’identité et brûlé les bibles, avant d’emmener le pasteur et six autres personnes à l’extérieur pour les abattre ; une seule a survécu.

Afrique de l’Ouest et RCA

L’islam radical, qui se superpose à des conflits régionaux et locaux déjà anciens, menace la vie de l’Eglise au Mali (29), où divers groupes islamistes régissent la vie quotidienne. Au Cameroun (48), la corruption et l’insécurité sont des problèmes majeurs. Le pays souffre de la violence dans le grand nord, qui reste un bastion de Boko Haram. La vie des chrétiens déplacés et les activités de l’Eglise sont affectées. Des ex-musulmanes converties au christianisme sont régulièrement enlevées et mariées de force.

Il y a au moins 27 groupes islamistes d’une certaine importance actifs dans diverses parties de l’Afrique subsaharienne, sans compter les Séléka, les ex-Séléka et les autres milices encore en guerre en République centrafricaine (25). La situation est de plus en plus complexe, car de nouveaux groupes criminels émergent de toutes parts. Les meurtres et les destructions de biens et d’églises sont monnaie courante. En novembre 2018, des membres d’une milice ont incendié la cathédrale d’Alindao et détruit le camp de réfugiés qu’elle abritait. 115 personnes, principalement des chrétiens, ont été tuées.

Nigeria

Au Nigeria (12), d’après l’International Crisis Group, la violence des musulmans peuls est six fois plus meurtrière que celle de Boko Haram. Dans le nord, des attaques répétées sont menées contre des agriculteurs, des églises et des villages entiers. Mais la violence s’étend également à des régions du centre du Nigeria considérées auparavant comme sûres, comme l’État du Plateau et même d’autres plus au sud.

L’«État islamique de la province d’Afrique de l’Ouest» (ISWAP), une dissidence de Boko Haram, a décapité des humanitaires chrétiens et diffusé des vidéos où ils annoncent qu’ils tueront tous les chrétiens qu’ils pourront capturer afin de se venger des musulmans tués dans le passé. Ils continuent de détenir des femmes et des jeunes filles, dont une au moins, Leah Sharibu, parce qu’à 14 ans elle refusait d’abandonner sa foi chrétienne.  

Violences contre les femmes:

Cependant, les enlèvements de chrétiennes n’est pas le propre des groupes militants. Des adolescentes chrétiennes sont parfois enlevées, battues, converties de force et mariées de force par des hommes de leur voisinage, et tout cela, semble-t-il, dans l’impunité.

Ce qui arrive à de jeunes chrétiennes du Nigeria et d’autres pays d’Afrique de l’Ouest menace également les jeunes coptes en Égypte (16), où un ancien ravisseur a récemment avoué que des hommes sont payés pour chaque jeune fille copte qu’ils enlèvent.

Asie du Sud et du Sud-Est

L’influence de l’idéologie islamiste radicale se manifeste également dans des atrocités tout à fait inattendues, comme celles de Pâques 2019 au Sri Lanka (30), où 250 personnes sont mortes et plus de 500 ont été blessées lors d’attentats à la bombe contre des églises catholiques et protestante et des hôtels. 20 personnes sont mortes en janvier 2019 dans le sud des Philippines (qui ne font pas partie des 50 premiers) et plus de 100 ont été blessées lors du double attentat à la bombe perpétré contre la cathédrale de Jolo par des combattants d’Abu Sayyaf, un groupe qui a fait allégeance à l’État islamique.

Au Pakistan (5), la force des groupes islamistes radicaux est telle qu’aucun assouplissement des lois sur le blasphème n’est à espérer dans un avenir proche, malgré la libération d’Asia Bibi. Plus de 20 chrétiens sont toujours en prison pour blasphème, certains en attente de jugement et d’autres déjà condamnés.

2. Persécution numérique: montée d’une surveillance totalitaire

>> La Chine et d’autres États autoritaires, qui restreignent déjà gravement la liberté religieuse, renforcent leur contrôle des citoyens grâce aux technologies biométriques et à l’intelligence artificielle.

Il est prouvé qu’aujourd’hui, en Chine (23), les chrétiens sont plus nombreux que les membres du Parti communiste. Le gouvernement du président Xi Jinping voit en eux une menace, car ils reconnaissent un pouvoir supérieur au sien et à celui du Parti, comme le font aussi d’autres groupes religieux. Selon certaines estimations, plus d’un million d’Ouïghours musulmans sont détenus dans des camps au Xinjiang, où l’on pratiquerait un «lavage de cerveau systématique».

S’il est impossible d’emprisonner 90 millions de chrétiens, il est possible en revanche de les surveiller. Même les églises enregistrées doivent parfois non seulement enlever leurs croix et accepter une surveillance bureaucratique sans fin, mais aussi, de plus en plus souvent, installer des caméras avec logiciel de reconnaissance faciale. Au moins une église d’État du Xinjiang est connue pour obliger ses membres à faire la queue pour se soumettre à la reconnaissance faciale.  

Lors des essais d’un système de crédit social (SCS), par lequel les autorités veulent noter tout le monde afin de récompenser les bons citoyens et punir les mauvais, la ville de Rongcheng, dans le Shandong, aurait décidé d’instaurer des sanctions pour ceux qui «propagent illégalement» le christianisme.

La liberté de religion est de toute façon restreinte déjà par la réglementation sur les affaires religieuses, en vigueur dans tout le pays depuis près de deux ans. Ainsi, il est strictement interdit aux moins de 18 ans de fréquenter les églises.

Inde

En Inde (10), sous le second mandat du gouvernement dirigé par le BJP, l’idéologie ultra-nationaliste du Hindutva (dans laquelle il faut être hindou pour être Indien) continue à s’étendre. Ici aussi, les systèmes biométriques gagnent du terrain. A partir de 2020, le gouvernement indien prévoit d’introduire un système national de reconnaissance faciale, qui, selon lui, servira seulement à faciliter le travail de la police. Mais la technologie s’est avérée imprécise dans l’identification des personnes de teint foncé et risque donc d’institutionnaliser une discrimination systémique. Cibles d’au moins 447 actes de violence et crimes de haine enregistrés durant l’année (dans un climat d’impunité dû à l’inaction voire au consentement tacite de la police), les chrétiens redoutent de nouvelles attaques.

3. Les plus fortes hausses dans l'Index

Parmi les nouveaux venus figure l’Algérie (17), où environ 1/3 des 129'000 chrétiens appartiennent à l’Eglise protestante d’Algérie (EPA). 11 églises de l’EPA ont été fermées durant les 12 mois couverte par le rapport; son président et d’autres personnes ont été agressés lorsque les autorités ont fermé son église de 1000 membres en octobre. Au Maroc (26), la pression reste très forte dans tous les domaines de la vie, mais elle est «extrême» dans la vie de l’Église. Le risque de violences de la part des islamistes militants est une menace pour l’Eglise du Bangladesh (38), surtout dans les campagnes. Enfin, en plus des 50 pays retenus dans l’Index mondial de persécution, 23 autres pays (rangs 51-73) présentent eux aussi une persécution «élevée». Il s’agit notamment des pays qui figuraient dans l’index en 2019, des Territoires palestiniens, du Mexique, de l’Azerbaïdjan, mais aussi du Tchad et de la Tanzanie, où les persécutions des chrétiens ont considérablement augmenté.

Index 2020: Tendances (PDF)

260 millions de chrétiens sont fortement persécutés dans les 50 pays de l’Index mondial de persécution des chrétiens. On estime également qu’au moins 50 millions de chrétiens supplémentaires sont confrontés à un haut niveau de persécution dans les 23 pays en dehors du classement  .

2 983 Chrétiens tués et 9 488 églises ciblées

Comment les chiffres de la violence sont-ils déterminés ?
Ces chiffres concernent les faits que nous avons pu vérifier de manière certaine. Ils sont donc en dessous de la réalité. Nos données sont basées dans la mesure du possible sur un comptage direct. Dans certains cas, lorsqu’il est très difficile de connaître les chiffres exacts et qu’il ressort clairement de sources indirectes qu’il y a eu des violences contre des chrétiens, nous procédons à des estimations.
Chrétiens tués pour leur religion
Au moins 2 983 chrétiens ont été tués pour des raisons liées à leur croyance. Cela signifie qu’en moyenne, 8 chrétiens ont été tués chaque jour pour leur foi durant la période retenue pour élaborer l’Index 2020

  Chrétiens tués  

  Index  2020  

  Index  2019  

  Nigeria  

1 350  

  3 731  

  République centrafricaine  

924  

  146  

  Sri Lanka  

200  

  0  

  Burkina Faso  

50  

  0  

  Egypte  

23  

  17  

  Pakistan  

20  

  28  

  Colombie  

16  

  7  

  Kenya  

11  

  20  

  Autres pays de l'Index 2020  

107  

187  

  Hors index 2020

282  

169  

  TOTAUX  

  2 983  

  4 305  

 

Attaques d’églises et d’autres édifices chrétiens

Au moins 9 488 églises (ou bâtiments associés) ont été ciblés pendant la période concernée par l’Index 2020. Cette augmentation est particulièrement liée à l'action du régime chinois contre les églises en Chine, où le nombre d’églises ciblées d'une manière ou d'une autre au cours de la période couverte par le rapport de l’Index 2020 est d'au moins 5 576.

  Eglises et édifices vandalisés

  Index 2020  

  Index 2019  

  Chine  

5 576   

171* 

  Birmanie (Myanmar)  

204   

100* 

  Nigeria  

150   

569  

  Ethiopie  

124   

20  

  Mali  

100* 

13  

  Pakistan  

58* 

28  

  Burkina Faso  

50   

0  

  République centrafricaine  

47   

22  

  Colombie  

40   

26  

  Autres pays de l'Index 2020  

264   

276  

  Hors index 2020  

2 875   

622  

  TOTAUX  

  9 488   

  1 847  

 

Chrétiens en prison

Chrétiens gardés à vue, arrêtés, jugés ou emprisonnés durant la période sous revue.

  Chrétiens en prison 

  2020   

  2019   

  Chine  

1 147   

1 131* 

  Erythrée  

785   

370   

  Inde  

302   

207   

  Nigeria  

245   

116* 

  Vietnam  

194   

186   

  Iran  

194   

67   

  République centrafricaine  

152   

10* 

  Libye  

100* 

  4   

  Algérie  

 90   

0   

  Pakistan  

71   

  56   

  Autres pays de l'Index 2020  

1 410   

430   

  Hors index 2020  

121   

540   

  TOTAUX  

4 811   

3 150   

>> Les chiffres de la persécution

Qu’est-ce que la persécution des chrétiens? 

La Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations Unies de 1948 cite parmi les droits humains fondamentaux la liberté de pensée, de conscience et de religion.

Rappelons en particulier l’article 18, sur la liberté religieuse: «Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites».

Si la liberté religieuse est bien définie par cet article, en particulier le droit de changer de religion et de la manifester, il n’existe pas de définition universellement reconnue de la persécution.

Portes Ouvertes nomme persécution: «Toute hostilité que les chrétiens subissent du fait de leur attachement à Christ. Cela inclut des attitudes, des paroles et des actions hostiles à leur encontre.» Cette définition large évite le risque de limiter la persécution aux seuls actes de violence. La menace quotidienne peut finalement s’avérer plus grave et plus dévastatrice pour une communauté chrétienne que la destruction de son église ou un attentat. C’est notamment le cas lorsqu’elle résulte d’une pression politique ou d’une discrimination sociale ou religieuse persistante. Pareillement, la perte de son travail peut avoir des effets aussi sérieux que des coups subis en prison.

La persécution survient en grande partie dans des régions où la vie est difficile pour tous. Elle vient donc s’ajouter à la vulnérabilité déjà présente, et les chrétiens sont ainsi doublement fragilisés. Dans ces systèmes qui limitent leurs droits ou les excluent, on désigne les chrétiens de «citoyens de seconde classe».

Approche, méthode et instrument

L'index mondial de persécution (ci-après l'Index) est l’instrument utilisé par Portes Ouvertes pour mesurer l'évolution, l'étendue et l'intensité de la persécution des chrétiens dans le monde.

L'Index, fondé sur des avis d'experts, est croisé avec différentes sources afin d'en garantir l'objectivité. Les experts consultés sont pour une part des chercheurs spécialisés de Portes Ouvertes et des experts externes. En 2012, la méthodologie de l'Index a été complètement révisée afin d'en garantir la crédibilité, tout en offrant la transparence, l'objectivité et une qualité scientifique.
 

Persécution des chrétiens

On qualifie de "persécution" les pressions et les violences commises spécifiquement contre des individus ou des communautés chrétiennes. Elle a lieu très souvent dans un contexte de guerres, de tensions ethniques, religieuses ou politiques ou en présence de groupes mafieux influents.

La persécution des chrétiens relève de situations complexes. Leur foi n'est pas nécessairement la raison principale des pressions ou des violences exercées contre eux. Elles peuvent n'être que le reflet d'une situation anarchique. Mais leur appartenance religieuse peut aussi les rendre doublement vulnérables. L'Index essaie de séparer les différentes composantes de la persécution.
 

Pressions et actes violents

L'Index fait une distinction claire entre deux formes principales de persécution: les pressions (dans la terminologie de la vidéo: persécution étau) et les actes violents (dans la terminologie de la vidéo: persécution marteau) . Si les actes violents attirent particulièrement l'attention, en réalité, les pressions sont la forme de persécution qui handicapent le plus les chrétiens. L'Index met aussi en évidence l'absence de corrélation entre les pressions subies par les chrétiens et la fréquence ou l'intensité des violences dont ils sont victimes. 

L'Index réfute un autre préjugé très courant: les persécuteurs les plus violents seraient la cause majeure de la persécution.
Si la violence peut être mesurée au nombre et à l'intensité des actes violents qui visent les chrétiens, il faut d'autres outils pour mesurer les pressions qui s'exercent contre les chrétiens.
 

Le processus de la persécution

La persécution est un processus qui s'appuie sur trois types de «moteurs»: le tribalisme exclusif parfois aussi appelé «Entre-soi», le laïcisme extrême et les pouvoirs abusifs. Ces moteurs alimentent huit différents mécanismes responsables de la persécution des chrétiens. Ces différents mécanismes sont eux-mêmes activés par onze genres d'instigateurs.

Le tribalisme exclusif tend à former une société homogène. Les "autres" sont exclus du groupe et considérés comme des êtres inférieurs, inhumains ou infidèles. Les actes les plus amoraux sont permis contre eux. Une composante religieuse individuelle est prépondérante dans cette impulsion.
Le Laïcisme extrême veut étouffer tout individu qui n'adhère pas à l'idéologie profane relevant du scepticisme et de l'anticléricalisme. Les principaux mécanismes relevant du laïcisme extrême sont l'oppression communiste et le laïcisme intolérant. Au final, l'Etat contrôle ce processus.
Les Pouvoirs abusifs cherchent à concentrer toutes les ressources au profit d'un petit groupe ou d'un individu, et utilisent des moyens tant légaux qu'illégaux pour arriver à leurs fins. Les pouvoirs abusifs sont le fait principalement de totalitarismes paranoïaques ou de systèmes de corruption et nécessitent la cooptation entre dirigeants politiques et chefs de clans. Bien que ce ne soit pas le but premièrement recherché, cette situation a souvent pour conséquence la persécution des chrétiens, même si ce n’est pas forcément le but recherché au départ.
 

Mécanismes de persécution

L'Index catégorise huit différents mécanismes responsables de la persécution des chrétiens.

   A) Tribalisme exclusif

1. Extrémisme islamique - Incorporer de gré ou de force le pays dans la "Maison de l'islam".
2. Nationalisme religieux - Soumettre la nation entière à une religion: hindouisme, bouddhisme, judaïsme orthodoxe... (Du fait de sa prévalence, l'islamisme radical est traité séparément.)
3. Rivalités ethniques et claniques - Conserver la prééminence de traditions et de coutumes ou religions ancestrales. 
4. Supériorité ecclésiastique - Faire d'une dénomination chrétienne historique et majoritaire la seule expression chrétienne du pays.

   B) Laïcisme extrême

5. Oppression communiste - Faire du communisme l'idéologie nationale unique.
6. Laïcisme intolérant - Eliminer toute référence religieuse du domaine public et de la pensée individuelle.

   C) Pouvoirs abusifs  

7. Totalitarisme - Conserver un pouvoir absolu, sans nécessairement chercher à réaliser des objectifs.
8. Systèmes de corruption - Créer un climat d'impunité, d'anarchie et de corruption propice à un enrichissement personnel.

Très souvent, plus d'un mécanisme entre dans la persécution des chrétiens. Un mécanisme spécifique prééminent permet à d'autres de se développer.

 

Instigateurs de la persécution

Les instigateurs de la persécution sont des groupes ou des individus animés par les différents moteurs mentionnés plus haut. L'Index recense douze différents types d'instigateurs. Plusieurs peuvent se regrouper pour mettre en place un mécanisme.

  • Autorités locales, régionales et nationales
  • Dirigeants de groupes ou clans
  • Clergé de religions non-chrétiennes
  • Clergé de religions chrétiennes
  • Groupes religieux violents
  • Groupes de pression idéologiques
  • Individus de la société civile, foules
  • Famille (au sens large)
  • Partis politiques, au niveau local et national.
  • Groupes révolutionnaires ou paramilitaires
  • Cartels, clans et réseaux du crime organisé
  • Organisations multilatérales (p.ex. ONU) et ambassades.

Tous ces moteurs, mécanismes et instigateurs visent à obtenir un pouvoir exclusif. Les chrétiens, individus et groupes qui ne s'identifient pas à ces pouvoirs peuvent être victimes de persécutions.

L'Index démontre qu'aucun de ces huit mécanismes, ni leurs interactions, ne sont forcément dirigés contre des chrétiens. Il est même possible qu'ils poursuivent exclusivement le but de conquérir le pouvoir.

Dans de telles situations, mieux vaudrait plier et éviter d'attirer l'attention. Cependant, le message fondamental du christianisme affirme que le pouvoir ultime n'est pas d'ordre terrestre. L'attitude des chrétiens dans la rue, leur enseignement du haut de la chaire, ou par leur comportement à la maison, sont souvent considérés comme un défi lancé aux différents instigateurs de la persécution.
 

Les sphères de la persécution

L'Index définit cinq sphères distinctes pour mesurer les pressions subies par les chrétiens:

PRESSIONS

1. La vie privée et le domaine de la "liberté de conscience", où le persécuteur s’imisce jusque dans la conscience de l’individu.
2. La vie familiale, où le persécuteur cherche à stopper la transmission de la foi. 
3. La vie sociale, qui revêt une grande importance dans les pays où les quartiers et villages sont de population homogène.
4. La vie civile, et la possibilité ou non pour un chrétien de prendre part à la vie publique. 
5. La vie ecclésiale, et les restrictions qui visent les chrétiens en tant que groupe. 

ACTES VIOLENTS

6. Les violences corporelles et matérielles subies par les chrétiens entre le 1er novembre et le 31 octobre précédant la publication de l'Index viennent compléter cette évaluation. Ces actes peuvent avoir visé une ou plusieurs des cinq sphères.

Pré-évaluation 

Une pré-recherche est effectuée au moyen d'un outil appelé Rapid Appraisal Tool (instrument d'évaluation rapide) qui croise des recherches sur internet et différentes autres sources. Selon le résultat, des recherches complémentaires sont menées, destinées à déterminer la nécessité d'une investigation approfondie. Si c’est le cas, des questionnaires de l'Index sont adressés à des experts internes et externes mandatés pour évaluer le pays concerné.

Ces informations recueillies sont ensuite regroupées et recoupées pour arriver à un nombre de points qui décidera du rang du pays dans l'Index, qui classe les 50 pays où les chrétiens sont le plus gravement persécutés.
 

La grille de points

L'Index définit différents degrés de persécution qui sont illustrés par un code couleurs. En tête de l'Index figurent les pays au score le plus élevé, où les chrétiens sont le plus gravement persécutés.

Persécution extrême: entre 81 et 100 points.
Dans ces pays, il n’est absolument pas possible de pratiquer sa foi. Les églises sont, soit interdites, soit tellement contrôlées qu’elles n’ont aucune liberté d’expression. Le simple fait d’être chrétien est synonyme de persécution.

Persécution très forte: entre 61 et 80 points.
Dans ces pays, il est tellement dangereux de pratiquer sa foi que la plupart des chrétiens ont peur de révéler leur appartenance au christianisme. Dans certains cas, seules certaines régions du pays sont touchées par la persécution. Dans ces régions, des campagnes violentes et de longue durée sont menées contre les chrétiens.

Persécution forte: entre 40 et 60 points.
Dans ces pays, il existe une Église qui est tolérée et qui bénéficie d’une certaine liberté. Mais en pratique, les chrétiens un peu trop visibles sont pris pour cible, les églises subissent des restrictions importantes et la culture du pays reste dans une large mesure hostile aux chrétiens. Ceux-ci sont notamment discriminés dans leur accès à l’éducation et à l’emploi. Dans certains pays la persécution est sévère mais elle se limite à certaines zones géographiques.

UN DOCUMENT HUMAIN

L’index n’est pas qu’une collecte de chiffres, il s’agit également d’un document «humain», qui reflète la vie de millions de chrétiens. Le but principal de l’Index mondial de persécution est de nous aider à déterminer dans quels pays nous devons focaliser notre soutien aux chrétiens persécutés. Cet index est aussi publié afin d’encourager davantage d’individus, d’associations et d’institutions à se pencher plus précisément sur ce que vivent les chrétiens persécutés et sur leurs besoins, et pour que de meilleures stratégies puissent être élaborées dans le but de leur venir en aide.

Principales définitions utilisées dans l'Index

Chrétien: est considéré comme chrétien, tout individu qui se déclare comme tel ou qui fait partie d'une communauté chrétienne adhérant au credo historique de l'Eglise.

Persécution: est considérée comme persécution toute hostilité à l'égard d'une personne parce que celle-ci se réclame du Christ. La persécution pourra donc être une attitude hostile, une agression verbale, des actes malveillants envers les chrétiens, que ce soit de la part de chrétiens d'autres dénominations, d'athées ou d'adeptes d'autres religions.

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L’Égypte est dirigée par Abdel Fattah al-Sissi depuis 2014. En 2019, il a fait voter un allongement de son mandat qui pourrait le mener jusqu’en 2030. Issu de l’armée, il tient à distance les islamistes mais mène une politique extrêmement répressive faite d’enlèvements, de tortures et d’emprisonnements à l’égard de tout ce qui est perçu comme une forme d’opposition, tant sur le plan politique que religieux.
 

Situation des chrétiens

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En avril 2019, le président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 1999, a démis­sionné sous la pression populaire. Les élections de décembre 2019 ont placé Abdelmadjid Tebboune à la présidence. Le régime algérien est un régime autoritaire où tout culte autre que musulman est limité. Depuis 2018, une quinzaine d’églises ont été fermées et la pluspart d'entre elles scellés.
 

Situation des chrétiens

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Tous les pouvoirs sont concentrés dans les mains du président. À la tête du pays depuis 2016, le président Mirziyoyev poursuit la politique répressive menée par l’ancien diri­geant Karimov. Tout mouvement d’opposition et média indépendant est interdit. La liberté de religion et de conviction est inscrite dans la Constitution mais dans les faits, elle n’existe pas.
 

Situation des chrétiens

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Depuis 2015, Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix en 1991, occupe le poste de Premier ministre mais en réalité c’est l’armée qui contrôle le pays. Malgré plusieurs conférences organisées par le pouvoir, le processus de paix n’a pas progressé en 2019. La répression exercée par l’armée envers les minorités ethniques et religieuses continue, notamment dans l’État d’Arakan et contre les chrétiens de l’État Kachin.
 

Situation des chrétiens

La plupart des chrétiens font partie des minorités ethniques, comme les Kachin, les Chin, les Karen et les Shan. Ils sont délaissés par le gouvernement, souvent extrêmement pauvres, discriminés et analphabètes.

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Le parti communiste au pouvoir n’envisage aucune réforme démocratique et est influencé par ses deux voisins, la Chine et le Vietnam, pour garder la société sous contrôle. Les termes « État de droit » et « Droits de l’Homme » n’ont guère de sens. Le pouvoir se sert des responsables bouddhistes et des chefs des religions traditionnelles pour surveiller la population, dont la moitié est composée de minorités ethniques.
 

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