Au regard de la difficulté d’obtenir des chiffres précis des violences commises contre les chrétiens, les chiffres présentés ici doivent être considérés comme des valeurs minimales. Ils se basent sur un décompte direct ou sur des estimations fournies par plusieurs sources. En cas de divergence, nous avons privilégié l’estimation la plus prudente. Ce sont les violences commises entre le 1er novembre 2016 et le 31 octobre 2017 qui ont été prises en compte pour établir l’index mondial de persécution 2018.

Chrétiens tués en raison de leur foi

Au moins 3'066 chrétiens ont été tués l’année dernière. Ce nombre est en forte augmentation, même s’il n’atteint pas le record de 7'106 morts enregistrés avec l’Index 2016. Les plus fortes variations sont enregistrées dans les zones de conflit intertribal en Afrique.

  Chrétiens tués

  Index 2016  

  Index 2017  

  Index 2018  

  Nigeria

  4 028  

695  

  2 000  

  République centrafricaine

  1 269  

13  

500  

  Egypte  

12  

12  

128  

  Kenya  

225  

37  

39  

  Somalie  

3  

12  

23  

  Afghanistan  

3  

10  

21  

  Libye  

58  

2  

10  

  Autres pays de l'Index 2018  

110  

90  

45  

  Hors index 2018  

  1 359  

260  

285  

  TOTAUX  

  7 106  

  1 207  

  3 066  

Eglises attaquées, vandalisées ou pillées

Nous avons comptabilisé 793 églises attaquées pour la période couvrant l’Index 2018. Cela va du vandalisme à la destruction complète d’églises, d’écoles ou d’hôpitaux rattachés à une église, ainsi que de cimetières. C’est la situation en Chine qui explique la diminution enregistrée ces deux dernières années.

  Eglises vandalisées

  Index 2016  

  Index 2017  

  Index 2018  

  Pakistan  

17  

600  

168  

  République centrafricaine  

131  

1  

157  

  Inde  

23  

21  

34  

  Colombie  

14  

9  

32  

  Soudan  

53  

10  

25  

  Nigeria  

198  

33  

22  

  Indonésie  

20  

15  

19  

  Ethiopie  

0  

0  

19  

  Iran  

2  

11  

17  

  Mali  

7  

0  

13  

  Sri Lanka  

81  

35  

10  

  Chine  

  1 500  

300  

10  

  Autres pays de l'Index 2018  

169  

113  

95  

  Hors index 2018  

210  

181  

172  

  TOTAUX  

  2 425  

  1 329  

  793  

 

Enlèvements, viols et mariages forcés

Que ce soit dans des contextes de guerre ou non, d’autres violences ciblant spécifiquement les chrétiens ont été enregistrées en 2017. Dans le cas d’enlèvements, de viols ou de mariages forcés, ce sont principalement des femmes et des jeunes filles chrétiennes qui en ont été les victimes. Nous avons comptabilisé 1252 enlèvements, 1020 abus sexuels et 1240 cas de mariages forcés pour des motifs religieux durant la période considérée.

 

   

  Enlève-  
  ments  

  Viols  

  Mariages     forcés  

  Pakistan  

700  

83  

700  

  Nigeria  

52  

500  

200  

  République centrafricaine  

150  

150  

100  

  Kenya  

10  

100  

100  

  Libye  

50  

30  

  

  Irak  

65  

10  

  

  Mexique  

51  

   

  

  Mali  

9  

10  

25  

  Afghanistan  

22  

    

18  

  Colombie  

36  

  

2  

  Autres pays de l'Index 2018  

47  

72  

46  

  Hors index 2018  

60  

65  

49  

  TOTAUX  

1 252  

1 020  

1 240  

 

>> Les chiffres de la persécution

Index mondial de persécution

L'Index mondial de persécution est une liste de 50 pays classés selon l'ampleur des persécutions exercées contre les chrétiens. Chaque pays a sa propre page avec son profil ainsi que des articles et informations concernant les persécutions dans ce pays.

>> Index mondial de persécution 2018 (PDF)

La carte de l'Index mondial de persécution 2018 vous donne un aperçu des pays où la situation des chrétiens est actuellement la plus difficile. La carte actuelle peut être téléchargée ici en format PDF.

>>Carte de la persécution à télécharger

L’Index mondial de persécution est un moyen de mesurer la «température» de la persécution dans certains pays. Hélas, bien rares sont les pays où cette «fièvre» diminue. Dans une grande partie du monde, l’islamisme en pleine expansion reste la plus grande menace pour les chrétiens et les autres communautés non musulmanes. De plus, en Asie, le nationalisme religieux continue à progresser. Et c’est toujours la Corée du Nord totalitaire qui vient en tête de l’Index.

L’islamisme est la partie de l’islam qui a une intention clairement politique, celle de placer les pays sous la domination de l’islam et de la charia. Ce mouvement représente donc une menace à la fois pour la liberté religieuse et pour la stabilité même des pays où il est actif.

Radicalisation dans la «maison de l’islam»
Avec l’essor et l’expansion de l’islamisme dans le monde, les chrétiens des pays d’Afrique à majorité musulmane sont de plus en plus persécutés. En particulier, la pression sur les chrétiens dans leur vie quotidienne s’est considérablement accrue. Des pays comme l’Arabie saoudite se servent d’organisations non gouvernementales islamiques pour répandre un islam radical wahhabite.

Ayant perdu son influence au Moyen-Orient, l’Etat Islamique se tourne vers de nouveaux territoires – à savoir l’Asie, qui abrite l’une des plus grandes populations musulmanes du monde. Un exemple de la progression de l’islam militant est le combat pour Marawi, une ville de 200’000 habitants sur l’île philippine de Mindanao

L’expansionnisme islamique
L’expansionnisme islamique est étroitement lié à la déclaration d’Abuja, adoptée en 1989, dont l’objectif était d’unir les musulmans d’Afrique et de faire de celle-ci le premier continent musulman du monde. Ce qui se passe en Afrique indique que cet objectif est toujours d’actualité. Le prosélytisme islamique est également très actif dans les couches sociales pauvres d’Indonésie et de Malaisie.

Nettoyage ethnique au Nigeria
La radicalisation et l’expansionnisme musulmans peuvent aussi aller de pair. C’est le cas par exemple au nord du Nigeria, où 12 Etats ont instauré la charia, en violation de la Constitution. La violence de Boko Haram a diminué, mais le groupe continue de semer la désolation. De leur côté, les éleveurs peuls musulmans tentent de vider la zone centrale de son ancienne majorité chrétienne et de ses habitants traditionnels. C’est un exemple clair de nettoyage ethnique basé sur l’appartenance religieuse.

Vague nationaliste en Asie
L’Inde est passée du 28e rang en 2014 au 11e rang en 2018. Avec plus de 600 cas de persécution enregistrés, 2017 a été une année record. La principale cause en est le mouvement Hindutva, toujours plus influent, qui milite pour l’hindouisation de l’Inde. Les chrétiens sont souvent exclus socialement, chassés de leurs villages, agressés physiquement et parfois assassinés.
Malheureusement, le Népal suit les traces de son «grand frère». Il a pris la 25e place sur l’Index 2018. Le gouvernement national et les communautés locales sont devenus plus actifs dans la persécution des chrétiens, comme en témoigne une augmentation marquée du nombre de cas de violence physique.

Dans les pays bouddhistes comme le Sri Lanka, le Bhoutan et la Birmanie (Myanmar), le nationalisme religieux est beaucoup plus subtil. Les restrictions légales sont nombreuses contre les chrétiens. Si les parents veulent scolariser leurs enfants, ils doivent les envoyer dans des écoles bouddhistes, où ils sont obligés de participer à des rites bouddhistes.

Autres idéologies nationalistes
Le culte extrême de la personnalité entourant le «Grand Leader» de la Corée du Nord depuis trois générations, aujourd’hui Kim Jong-un, ainsi que l’idéologie d’Etat du «Djoutché» centrée sur l’indépendance et l’autosuffisance, ne laissent place à aucune autre croyance. Les nationalistes idéologiques chinois, vietnamiens et laotiens, souvent associés au communisme, considèrent toujours la religion comme «l’opium du peuple». Une ouverture économique ne doit pas être interprétée comme une baisse de la pression, moins encore comme une libéralisation de la société.

Les bonnes nouvelles
Quelques améliorations importantes sont à signaler en Afrique orientale, où elles sont liées aux événements politiques. Au Kenya, musulmans et chrétiens étaient unis derrière le candidat de leur tribu lors des élections présidentielles. En Ethiopie, chrétiens et musulmans ont protesté ensemble contre le gouvernement et pour des changements:  la fin de la corruption, un plus grand respect des droits humains et plus de démocratie. Ces développements ont amélioré la position de ces pays sur l’Index. La Tanzanie n’est même plus sur l’Index. L’élection du Président John Magufuli en 2015 a marqué un tournant pour le pays. Son gouvernement s’est appliqué sérieusement à combattre les groupes islamiques radicaux, si bien que la violence contre les chrétiens a massivement diminué. /

Qu’est-ce que la persécution des chrétiens? 

La Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations Unies de 1948 cite parmi les droits humains fondamentaux la liberté de pensée, de conscience et de religion.

Rappelons en particulier l’article 18, sur la liberté religieuse: «Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites».

Si la liberté religieuse est bien définie par cet article, en particulier le droit de changer de religion et de la manifester, il n’existe pas de définition universellement reconnue de la persécution.

Portes Ouvertes nomme persécution: «Toute hostilité que les chrétiens subissent du fait de leur attachement à Christ. Cela inclut des attitudes, des paroles et des actions hostiles à leur encontre.» Cette définition large évite le risque de limiter la persécution aux seuls actes de violence. La menace quotidienne peut finalement s’avérer plus grave et plus dévastatrice pour une communauté chrétienne que la destruction de son église ou un attentat. C’est notamment le cas lorsqu’elle résulte d’une pression politique ou d’une discrimination sociale ou religieuse persistante. Pareillement, la perte de son travail peut avoir des effets aussi sérieux que des coups subis en prison.

La persécution survient en grande partie dans des régions où la vie est difficile pour tous. Elle vient donc s’ajouter à la vulnérabilité déjà présente, et les chrétiens sont ainsi doublement fragilisés. Dans ces systèmes qui limitent leurs droits ou les excluent, on désigne les chrétiens de «citoyens de seconde classe».

Approche, méthode et instrument

L'index mondial de persécution (ci-après l'Index) est l’instrument utilisé par Portes Ouvertes pour mesurer l'évolution, l'étendue et l'intensité de la persécution des chrétiens dans le monde.

L'Index, fondé sur des avis d'experts, est croisé avec différentes sources afin d'en garantir l'objectivité. Les experts consultés sont pour une part des chercheurs spécialisés de Portes Ouvertes et des experts externes. En 2012, la méthodologie de l'Index a été complètement révisée afin d'en garantir la crédibilité, tout en offrant la transparence, l'objectivité et une qualité scientifique.
 

Persécution des chrétiens

On qualifie de "persécution" les pressions et les violences commises spécifiquement contre des individus ou des communautés chrétiennes. Elle a lieu très souvent dans un contexte de guerres, de tensions ethniques, religieuses ou politiques ou en présence de groupes mafieux influents.

La persécution des chrétiens relève de situations complexes. Leur foi n'est pas nécessairement la raison principale des pressions ou des violences exercées contre eux. Elles peuvent n'être que le reflet d'une situation anarchique. Mais leur appartenance religieuse peut aussi les rendre doublement vulnérables. L'Index essaie de séparer les différentes composantes de la persécution.
 

Pressions et actes violents

L'Index fait une distinction claire entre deux formes principales de persécution: les pressions et les actes violents. Si les actes violents attirent particulièrement l'attention, en réalité, les pressions sont la forme de persécution qui handicapent le plus les chrétiens. L'Index met aussi en évidence l'absence de corrélation entre les pressions subies par les chrétiens et la fréquence ou l'intensité des violences dont ils sont victimes. 

L'Index réfute un autre préjugé très courant: les persécuteurs les plus violents seraient la cause majeure de la persécution.
Si la violence peut être mesurée au nombre et à l'intensité des actes violents qui visent les chrétiens, il faut d'autres outils pour mesurer les pressions qui s'exercent contre les chrétiens.
 

Le processus de la persécution

La persécution est un processus qui s'appuie sur trois types de «moteurs»: le tribalisme exclusif parfois aussi appelé «Entre-soi», le laïcisme extrême et les pouvoirs abusifs. Ces moteurs alimentent huit différents mécanismes responsables de la persécution des chrétiens. Ces différents mécanismes sont eux-mêmes activés par onze genres d'instigateurs.

Le tribalisme exclusif  tend à former une société homogène. Les "autres" sont exclus du groupe et considérés comme des êtres inférieurs, inhumains ou infidèles. Les actes les plus amoraux sont permis contre eux. Une composante religieuse individuelle est prépondérante dans cette impulsion.

Le Laïcisme extrême  veut étouffer tout individu qui n'adhère pas à l'idéologie profane relevant du scepticisme et de l'anticléricalisme. Les principaux mécanismes relevant du laïcisme extrême sont l'oppression communiste et le laïcisme intolérant. Au final, l'Etat contrôle ce processus.

Les Pouvoirs abusifs  cherchent à concentrer toutes les ressources au profit d'un petit groupe ou d'un individu, et utilisent des moyens tant légaux qu'illégaux pour arriver à leurs fins. Les pouvoirs abusifs sont le fait principalement de totalitarismes paranoïaques ou de systèmes de corruption et nécessitent la cooptation entre dirigeants politiques et chefs de clans. Bien que ce ne soit pas le but premièrement recherché, cette situation a souvent pour conséquence la persécution des chrétiens, même si ce n’est pas forcément le but recherché au départ.
 

Mécanismes de persécution

L'Index catégorise huit différents mécanismes responsables de la persécution des chrétiens.

A) Tribalisme exclusif

1. Extrémisme islamique - Incorporer de gré ou de force le pays dans la "Maison de l'islam".

2. Nationalisme religieux - Soumettre la nation entière à une religion: hindouisme, bouddhisme, judaïsme orthodoxe... (Du fait de sa prévalence, l'islamisme radical est traité séparément.)

3. Rivalités ethniques - Conserver la prééminence de traditions et de coutumes ou religions ancestrales. 

4. Supériorité ecclésiastique - Faire d'une dénomination chrétienne historique et majoritaire la seule expression chrétienne du pays.

B) Laïcisme extrême

5. Oppression communiste - Faire du communisme l'idéologie nationale unique.

6. Laïcisme intolérant - Eliminer toute référence religieuse du domaine public et de la pensée individuelle.

C) Pouvoirs abusifs  

7. Totalitarisme - Conserver un pouvoir absolu, sans nécessairement chercher à réaliser des objectifs.

8. Systèmes de corruption - Créer un climat d'impunité, d'anarchie et de corruption propice à un enrichissement personnel.

Très souvent, plus d'un mécanisme entre dans la persécution des chrétiens. Un mécanisme spécifique prééminent permet à d'autres de se développer.

 

Instigateurs de la persécution

Les instigateurs de la persécution sont des groupes ou des individus animés par les différents moteurs mentionnés plus haut. L'Index recense douze différents types d'instigateurs. Plusieurs peuvent se regrouper pour mettre en place un mécanisme.

  • Autorités locales, régionales et nationales
  • Dirigeants de groupes ou clans
  • Clergé de religions non-chrétiennes
  • Clergé de religions chrétiennes
  • Groupes religieux violents
  • Groupes de pression idéologiques
  • Individus de la société civile, foules
  • Famille (au sens large)
  • Partis politiques, au niveau local et national.
  • Groupes révolutionnaires ou paramilitaires
  • Cartels, clans et réseaux du crime organisé
  • Organisations multilatérales (p.ex. ONU) et ambassades.

Tous ces moteurs, mécanismes et instigateurs visent à obtenir un pouvoir exclusif. Les chrétiens, individus et groupes qui ne s'identifient pas à ces pouvoirs peuvent être victimes de persécutions.

L'Index démontre qu'aucun de ces huit mécanismes, ni leurs interactions, ne sont forcément dirigés contre des chrétiens. Il est même possible qu'ils poursuivent exclusivement le but de conquérir le pouvoir.

Dans de telles situations, mieux vaudrait plier et éviter d'attirer l'attention. Cependant, le message fondamental du christianisme affirme que le pouvoir ultime n'est pas d'ordre terrestre. L'attitude des chrétiens dans la rue, leur enseignement du haut de la chaire, ou par leur comportement à la maison, sont souvent considérés comme un défi lancé aux différents instigateurs de la persécution.
 

Les sphères de la persécution

L'Index définit cinq sphères distinctes pour mesurer les pressions subies par les chrétiens:

PRESSIONS

1. La vie privée et le domaine de la "liberté de conscience", où le persécuteur s’imisce jusque dans la conscience de l’individu.

2. La vie familiale, où le persécuteur cherche à stopper la transmission de la foi. 

3. La vie sociale, qui revêt une grande importance dans les pays où les quartiers et villages sont de population homogène.

4. La vie civile, et la possibilité ou non pour un chrétien de prendre part à la vie publique. 

5. La vie ecclésiale, et les restrictions qui visent les chrétiens en tant que groupe. 

ACTES VIOLENTS

6. Les violences corporelles et matérielles subies par les chrétiens entre le 1er novembre et le 31 octobre précédant la publication de l'Index viennent compléter cette évaluation. Ces actes peuvent avoir visé une ou plusieurs des cinq sphères.

 

Pré-évaluation 

Une pré-recherche est effectuée au moyen d'un outil appelé Rapid Appraisal Tool (instrument d'évaluation rapide) qui croise des recherches sur internet et différentes autres sources. Selon le résultat, des recherches complémentaires sont menées, destinées à déterminer la nécessité d'une investigation approfondie. Si c’est le cas, des questionnaires de l'Index sont adressés à des experts internes et externes mandatés pour évaluer le pays concerné.

Ces informations recueillies sont ensuite regroupées et recoupées pour arriver à un nombre de points qui décidera du rang du pays dans l'Index, qui classe les 50 pays où les chrétiens sont le plus gravement persécutés.
 

La grille de points

L'Index définit différents degrés de persécution qui sont illustrés par un code couleurs. En tête de l'Index figurent les pays au score le plus élevé, où les chrétiens sont le plus gravement persécutés.

Persécution extrême: entre 81 et 100 points.
Dans ces pays, il n’est absolument pas possible de pratiquer sa foi. Les églises sont, soit interdites, soit tellement contrôlées qu’elles n’ont aucune liberté d’expression. Le simple fait d’être chrétien est synonyme de persécution.

Persécution très forte: entre 61 et 80 points.
Dans ces pays, il est tellement dangereux de pratiquer sa foi que la plupart des chrétiens ont peur de révéler leur appartenance au christianisme. Dans certains cas, seules certaines régions du pays sont touchées par la persécution. Dans ces régions, des campagnes violentes et de longue durée sont menées contre les chrétiens.

Persécution forte: entre 40 et 60 points.
Dans ces pays, il existe une Église qui est tolérée et qui bénéficie d’une certaine liberté. Mais en pratique, les chrétiens un peu trop visibles sont pris pour cible, les églises subissent des restrictions importantes et la culture du pays reste dans une large mesure hostile aux chrétiens. Ceux-ci sont notamment discriminés dans leur accès à l’éducation et à l’emploi. Dans certains pays la persécution est sévère mais elle se limite à certaines zones géographiques.

UN DOCUMENT HUMAIN
L’index n’est pas qu’une collecte de chiffres, il s’agit également d’un document «humain», qui reflète la vie de millions de chrétiens. Le but principal de l’Index mondial de persécution est de nous aider à déterminer dans quels pays nous devons focaliser notre soutien aux chrétiens persécutés. Cet index est aussi publié afin d’encourager davantage d’individus, d’associations et d’institutions à se pencher plus précisément sur ce que vivent les chrétiens persécutés et sur leurs besoins, et pour que de meilleures stratégies puissent être élaborées dans le but de leur venir en aide.
 

Principales définitions utilisées dans l'Index

Chrétien: est considéré comme chrétien, tout individu qui se déclare comme tel ou qui fait partie d'une communauté chrétienne adhèrant au credo historique de l'Eglise.

Persécution: est considérée comme persécution toute hostilité à l'égard d'une personne parce que celle-ci se réclame du Christ. La persécution pourra donc être une attitude hostile, une agression verbale, des actes malveillants envers les chrétiens, que ce soit de la part de chrétiens d'autres dénominations, d'athées ou d'adeptes d'autres religions.

46

Occupant une position stratégique de premier ordre sur le plan géopolitique, le sultanat d’Oman est situé à la confluence du golfe Persique et de la mer d’Oman, une route maritime empruntée par les pétroliers. Le sultan actuel, au pouvoir depuis 1970 après avoir déposé son père, est reconnu pour avoir apporté la sécu- rité et la stabilité dans un pays à l’histoire mouvementée et introduit quelques réformes démocratiques. Presque la moitié de la population du pays est composée de ressortissants étran- gers, pour la plupart des travailleurs immigrés hindous, bouddhistes et sikhs. L’islam est religion d’État, mais il s’agit de l’islam ibadite, un courant réputé pai- sible et tolérant.

47

République islamique autoproclamée, la Mauritanie a été dirigée pendant plus de 30 ans par un régime militaire, avec une seule et courte parenthèse démocratique en 2007. La nation est en théorie une démocratie multipartite, mais son Parlement est largement dominé par le parti au pouvoir. Plusieurs groupes islamiques actifs interfèrent sur la scène politique mauritanienne, et al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) défie le gouvernement depuis 2005. La menace aujourd’hui serait que le pays, qui est l’un des plus pauvres au monde, ne se radicalise.

48

Le Bahreïn est gouverné par un régime autoritaire qui utilise la répression pour consolider son pouvoir. C’est un pays musulman majoritairement chiite mais avec un gouvernement sunnite. Le pouvoir est relativement tolérant en raison de sa position internationale dans le secteur bancaire et le commerce. Cependant, l’in- fluence de l’idéologie du groupe État Islamique se fait sentir. Un nombre considérable de chrétiens expatriés (principalement en provenance d’Asie du Sud) travaillent et vivent à Bahreïn et sont relativement libres de pra- tiquer leur foi dans les lieux de culte privés. Mais leur liberté d’expression est restreinte.

49

Après 50 ans de guerre civile entre les rebelles des FARC et le gouvernement colombien, un accord de paix a enfin été ratifié le 30 novembre 2016, suivi du désarmement officiel des rebelles qui se sont constitués en parti politique pour pouvoir continuer leur lutte. Mais la paix n’est pas revenue pour autant dans le pays qui est menacé par une très forte criminalité issue des réseaux mafieux, du trafic de stupéfiants et des groupes paramilitaires qui ont refusé l’accord de paix et des gangs. Les autorités refusent de reconnaitre le problème, ce qui aggrave la situation des chrétiens vivant dans les zones contrôlées par ces groupes.

50

Situé dans la Corne de l’Afrique, avec une position géographique favorable le long de routes maritimes très fréquentées, Djibouti est entouré de pays instables et répressifs, tels l’Érythrée, l’Éthiopie, la Somalie et le Yémen. Historiquement, l’islam, aujourd’hui religion d’État, est profondément ancré dans la société, musulmane à plus de 90 %. Mais le christianisme a aussi influencé le pays, de par ses liens avec l’Éthiopie voisine. Djibouti a un régime dictatorial basé sur la charia. Il n’y a pas de liberté de réunion, d’expression, ni de liberté de la presse. Malgré le fait qu’il y ait 11000 chrétiens dans le pays, aucun n’exerce de fonction au sein de l’État.