L’Index mondial de persécution est un moyen de mesurer la «température» de la persécution dans certains pays. Hélas, bien rares sont les pays où cette «fièvre» diminue. Dans une grande partie du monde, l’islamisme en pleine expansion reste la plus grande menace pour les chrétiens et les autres communautés non musulmanes. De plus, en Asie, le nationalisme religieux continue à progresser. Et c’est toujours la Corée du Nord totalitaire qui vient en tête de l’Index.

L’islamisme est la partie de l’islam qui a une intention clairement politique, celle de placer les pays sous la domination de l’islam et de la charia. Ce mouvement représente donc une menace à la fois pour la liberté religieuse et pour la stabilité même des pays où il est actif.

Radicalisation dans la «maison de l’islam»
Avec l’essor et l’expansion de l’islamisme dans le monde, les chrétiens des pays d’Afrique à majorité musulmane sont de plus en plus persécutés. En particulier, la pression sur les chrétiens dans leur vie quotidienne s’est considérablement accrue. Des pays comme l’Arabie saoudite se servent d’organisations non gouvernementales islamiques pour répandre un islam radical wahhabite.

Ayant perdu son influence au Moyen-Orient, l’Etat Islamique se tourne vers de nouveaux territoires – à savoir l’Asie, qui abrite l’une des plus grandes populations musulmanes du monde. Un exemple de la progression de l’islam militant est le combat pour Marawi, une ville de 200’000 habitants sur l’île philippine de Mindanao

L’expansionnisme islamique
L’expansionnisme islamique est étroitement lié à la déclaration d’Abuja, adoptée en 1989, dont l’objectif était d’unir les musulmans d’Afrique et de faire de celle-ci le premier continent musulman du monde. Ce qui se passe en Afrique indique que cet objectif est toujours d’actualité. Le prosélytisme islamique est également très actif dans les couches sociales pauvres d’Indonésie et de Malaisie.

Nettoyage ethnique au Nigeria
La radicalisation et l’expansionnisme musulmans peuvent aussi aller de pair. C’est le cas par exemple au nord du Nigeria, où 12 Etats ont instauré la charia, en violation de la Constitution. La violence de Boko Haram a diminué, mais le groupe continue de semer la désolation. De leur côté, les éleveurs peuls musulmans tentent de vider la zone centrale de son ancienne majorité chrétienne et de ses habitants traditionnels. C’est un exemple clair de nettoyage ethnique basé sur l’appartenance religieuse.

Vague nationaliste en Asie
L’Inde est passée du 28e rang en 2014 au 11e rang en 2018. Avec plus de 600 cas de persécution enregistrés, 2017 a été une année record. La principale cause en est le mouvement Hindutva, toujours plus influent, qui milite pour l’hindouisation de l’Inde. Les chrétiens sont souvent exclus socialement, chassés de leurs villages, agressés physiquement et parfois assassinés.
Malheureusement, le Népal suit les traces de son «grand frère». Il a pris la 25e place sur l’Index 2018. Le gouvernement national et les communautés locales sont devenus plus actifs dans la persécution des chrétiens, comme en témoigne une augmentation marquée du nombre de cas de violence physique.

Dans les pays bouddhistes comme le Sri Lanka, le Bhoutan et la Birmanie (Myanmar), le nationalisme religieux est beaucoup plus subtil. Les restrictions légales sont nombreuses contre les chrétiens. Si les parents veulent scolariser leurs enfants, ils doivent les envoyer dans des écoles bouddhistes, où ils sont obligés de participer à des rites bouddhistes.

Autres idéologies nationalistes
Le culte extrême de la personnalité entourant le «Grand Leader» de la Corée du Nord depuis trois générations, aujourd’hui Kim Jong-un, ainsi que l’idéologie d’Etat du «Djoutché» centrée sur l’indépendance et l’autosuffisance, ne laissent place à aucune autre croyance. Les nationalistes idéologiques chinois, vietnamiens et laotiens, souvent associés au communisme, considèrent toujours la religion comme «l’opium du peuple». Une ouverture économique ne doit pas être interprétée comme une baisse de la pression, moins encore comme une libéralisation de la société.

Les bonnes nouvelles
Quelques améliorations importantes sont à signaler en Afrique orientale, où elles sont liées aux événements politiques. Au Kenya, musulmans et chrétiens étaient unis derrière le candidat de leur tribu lors des élections présidentielles. En Ethiopie, chrétiens et musulmans ont protesté ensemble contre le gouvernement et pour des changements:  la fin de la corruption, un plus grand respect des droits humains et plus de démocratie. Ces développements ont amélioré la position de ces pays sur l’Index. La Tanzanie n’est même plus sur l’Index. L’élection du Président John Magufuli en 2015 a marqué un tournant pour le pays. Son gouvernement s’est appliqué sérieusement à combattre les groupes islamiques radicaux, si bien que la violence contre les chrétiens a massivement diminué. /

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