«Renforcer la présence chrétienne afin qu’elle continue à apporter une contribution reconnaissable et positive à la société au Moyen-Orient.» Telle est la vision de la campagne Espoir pour le Moyen-Orient lancée en 2016 par Middle East Concern et Portes Ouvertes. Farid*, qui coordonne la campagne, nous parle de certains succès obtenus et des ­objectifs actuels.

Dès le début, nous avons voulu que la campagne reflète le point de vue des chrétiens du Moyen-Orient, qui se comprennent comme une pièce maîtresse de la société moyen-orientale. S’il est essentiel d’aider les chrétiens déplacés à réorganiser leur vie, à rentrer chez eux et à reconstruire leurs maisons et leurs villes, il n’est pas moins crucial de faire entendre leur voix dans la politique nationale et internationale. Par le biais de la campagne, nous utilisons notre influence pour revendiquer avec eux leur droit à une citoyenneté égale et à des conditions de vie dignes pour tous, ainsi que pour recruter et former des responsables chrétiens qui puissent participer à la réconciliation et à la reconstruction de la société.

Avec plus de 800’000 signatures de 143 pays remises aux Nations Unies au nom des chrétiens de Syrie et d’Irak en décembre 2017, et des réunions de haut niveau avec des responsables gouvernementaux et des parlementaires, la campagne doit maintenant être consolidée.


Reconstruction d‘une église à Karakosh

«Ces grands succès ne marquent pas la fin de la campagne. Nous voulons maintenant nous engager pour que les auteurs d’actes de violence soient jugés et pour que le financement de la reconstruction soit plus souple», dit Farid. «Grâce à cette mobilisation, les Etats-Unis et l’ONU, par exemple, ont alloué des fonds spécifiques aux minorités religieuses. Les gouvernements américain et britannique ont organisé une conférence en vue de promouvoir la liberté religieuse par le biais de la coopération internationale au développement.»

L’étendue des violences contre les minorités religieuses et les expulsions durant ce conflit ont été énormes. Il est donc essentiel que les auteurs – ceux de l’Etat Islamique comme ceux d’autres groupes – soient traduits en justice. Cela aiderait les victimes à regarder de l’avant et produirait un certain effet dissuasif pour l’avenir.

Maintenant que l’EI a perdu les territoires qu’il avait conquis, la situation semble s’être calmée. «Mais il y a d’autres groupes extrémistes qui restent actifs. En Irak, beaucoup de chrétiens ne se sentent pas en sécurité, et dans certaines régions de Syrie, la guerre n’est même pas terminée.» Ainsi, bien qu’un nombre considérable de chrétiens soient revenus dans la plaine de Ninive, une partie d’entre eux sont ensuite repartis vers les zones kurdes, plus sûres.


Manuels de formation biblique en Irak

Comme le dit Farid, les chrétiens d’Irak et de Syrie sont porteurs d’espoir pour leur pays, mais ils ont eux-mêmes besoin d’espoir. Il donne un exemple pratique de la façon dont la campagne redonne l’espoir.

«En Irak, nos partenaires travaillent avec un petit groupe d’avocats qui mettent en place un centre pour documenter les cas de discrimination. Ils aident aussi les chrétiens locaux à défendre leurs droits. Nous considérons ces initiatives comme des projets très importants pour assurer l’égalité des droits pour les chrétiens en Irak. Dans un contexte plus large, nous contribuons à créer une base juridique pour protéger leurs droits et leur avenir. Pour que les chrétiens puissent continuer à être présents sur la terre de leurs pères en tant que citoyens à part entière.»

Mais nous n’en sommes pas encore là. Nous voulons poursuivre la campagne avec le même élan jusqu’en 2022 afin d’amener des changements socio-politiques durables pour les minorités religieuses au Moyen-Orient.

Continuons donc d’accompagner les communautés chrétiennes au Moyen-Orient, en priant pour qu’elles s’épanouissent à nouveau et que leur rôle positif dans la société soit reconnu. /

* Nom d’emprunt

Tiré du magazine de juillet 2019

 

 

 

 

 

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